Les conséquences de l’accident vasculaire cérébral

Publié le : 02 novembre 2020-Mis à jour le : 28 mai 2021

L’objectif de cette étude soutenue par la CNSA était de mieux comprendre le retentissement d’un accident vasculaire cérébral (AVC) sur la vie des personnes et de leurs aidants proches, et notamment la gestion quotidienne de ses conséquences.

Les autrices ont d’abord réalisé une revue de la littérature internationale, qui a révélé que le soutien social, les attitudes de l’entourage, l’environnement physique, l’accès aux soins, aux services sociaux et aux dispositifs dédiés aux personnes ayant eu un AVC apparaissaient comme des facilitateurs de la participation. Il serait donc possible d’optimiser la récupération des personnes en jouant sur ces facteurs.

Afin d’approfondir l’analyse, une enquête par questionnaire auprès de 352 personnes ayant subi un AVC a été réalisée. L’objectif était d’identifier les facteurs personnels et environnementaux associés à la participation sociale. 62,8 % des personnes interrogées sont des hommes ; elles sont âgées de 68,7 ans en moyenne (écart-type de 14,5 ans), 64,8 % vivent en couple, 59,7 % sont retraitées et 31,0 % en activité professionnelle. 

Le degré de participation sociale a été mesuré avec le score associé au domaine « participation » de l’échelle Stoke Impact Scale 2.0 qui permet d’évaluer, pour les personnes ayant subi un AVC, les restrictions de participation perçues. Le domaine « participation » de l’échelle comprend neuf items (travail, loisirs, activités habituelles, rôle social...) dont les scores varient de 0 (restriction permanente) à 5 (aucune restriction) avec une normalisation du score global à 100. En moyenne, les personnes déclarent percevoir des restrictions plus importantes dans les loisirs et dans le fait de contrôler leur vie.

La satisfaction liée à l’environnement et aux relations sociales a été mesurée au moyen d’un questionnaire (version abrégée du World Health Organization Quality of Life) qui contient entre autres huit questions relatives à la satisfaction vis-à-vis de l’environnement (sécurité, ressources financières, accès aux soins, aux moyens de transport...), et trois questions relatives à la satisfaction vis-à-vis des relations sociales (soutien, vie sexuelle, relations personnelles), avec là aussi une normalisation du score global à 100 pour chacune des deux mesures de satisfaction, 100 étant le niveau de pleine satisfaction. Le score global moyen de satisfaction des personnes interrogées est de 62,5 concernant leur environnement (écart-type de 18,9 points) et de 69,5 pour les relations sociales (écart-type de 18 points).

Les autrices cherchent ensuite à identifier les facteurs explicatifs de la variabilité du score de participation. Avec un modèle de régression linéaire, elles montrent que le fait d’être une femme et d’avoir un score NIHSS élevé à l’admission (l’échelle NIHSS – National Institute of Health Stroke Score – évalue la sévérité de l’AVC) est associé à un plus faible score de participation, tout comme le fait d’utiliser des substances (médicaments, drogue, alcool) pour surmonter l’événement et rechercher du soutien émotionnel. En revanche, la réinterprétation positive de l’événement, l’utilisation de l’humour et la satisfaction vis-à-vis de l’environnement de vie sont associées à une meilleure participation. Ce modèle explique près de 40 % de la variabilité du score de participation. Des entretiens ont également été réalisés afin d’étudier plus précisément le vécu de l’AVC et la représentation qu’en ont les personnes. 

Pour plus d’information sur ce projet

  • Claire Della Vecchia. Participation sociale et représentations de l’Accident vasculaire cérébral (AVC) chez des patients suite à un AVC. Santé. Université de Lyon, 2020. Français. NNT : 2020LYSE1011ff. tel-02612227.
  • Della Vecchia C., Viprey M., Haesebaert J., et al. « Contextual determinants of participation after stroke: a systematic review of quantitative and qualitative studies ». Disabil Rehabil. 2019 oct 24 ; 1-13.
  • Della Vecchia C., Préau M., Carpentier C., et al. « Illness beliefs and emotional responses in mildly disabled stroke survivors: A qualitative study ». PloS One. 2019;14(10):e0223681.

À propos du laboratoire

Research on Healthcare Performance (RESHAPE) est une entité qui fait suite à l’équipe d’accueil HeSPeR (EA 7425) créée en janvier 2016. Cette unité regroupe des enseignants-chercheurs pluridisciplinaires qui mutualisent leurs efforts pour conduire des travaux collaboratifs. Ils sont issus de l’université Claude Bernard Lyon 1 et de l’université Jean Monnet de Saint-Étienne. Cette équipe mène des travaux de recherche sur la performance des services de santé dans ses aspects d’efficacité en milieu réel de soins, de sécurité et de qualité des soins, d’actions de prévention et prenant en compte le patient dans son intégralité, le professionnel de santé, l’équipe et l’environnement professionnel. Structurée autour de deux axes (performance des services de santé et patient), l’unité a développé des collaborations intra et inter-axes, mobilisant des méthodes quantitatives et qualitatives.

Contact

Anne-Marie Schott
Professeur des universités – praticien hospitalier en épidémiologie, santé publique, économie de la santé
Courriel : anne-marie.schott-pethelaz@chu-lyon.fr  

Référence du projet n° 225
Programme « Handicap et perte d’autonomie » soutenu par la CNSA, appel à projets « Blanc » session 6 (2015) – Institut pour la recherche en santé publique (IReSP)
Titre : Typologie et besoins ressentis et qualité de vie des patients victimes d’AVC et de leurs aidants (Anne-Marie Schott).

 

Documents à télécharger

Fiche de résultat de recherche : Les conséquences de l'accident vasculaire cérébral (PDF, 169.15 Ko)
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