Accueil en maternelle d’enfants avec un trouble du spectre autistique (TSA)

Publié le : 31 août 2017-Mis à jour le : 03 juin 2019

De nouveaux dispositifs de scolarisation inclusive dès la maternelle ont été mis en place depuis septembre 2014 dans le cadre du troisième plan Autisme. Ces dispositifs visent à permettre aux enfants avec un trouble du spectre autistique (TSA) de bénéficier dès trois ans d’une éducation adaptée à leurs besoins spécifiques, tout en partageant le milieu de vie commun de tous les enfants de leur âge, facteur de soutien à leur développement cognitif et social.

Le présent projet de recherche visait à identifier les trajectoires développementales des enfants avec un TSA scolarisés dans ces dispositifs et à identifier les besoins et attentes des partenaires éducatifs des enfants et leur évolution, en recueillant régulièrement au cours des trois années le point de vue des parents et des professionnels concernés par cette scolarisation.

Un premier travail a été initié auprès de 18 enfants avec TSA accueillis en maternelle répartis sur deux régions françaises (Île-de-France et Bretagne). Les premiers résultats semblent confirmer que ces nouveaux dispositifs de scolarisation offrent aux enfants des conditions de scolarisation qui s’ajustent à leurs besoins d’une manière qui leur évite de se retrouver dépassés dans leurs capacités adaptatives par cet environnement nouveau aux multiples sollicitations. Ces dispositifs favorisent chez la majorité d’entre eux des capacités régulatrices indispensables à une disponibilité d’engagement dans les apprentissages. Les entretiens ayant recueilli les points de vue des partenaires éducatifs des enfants de façon indépendante ont montré que parents et professionnels exprimaient des besoins et attentes réciproques convergentes : implication dans le projet de l’enfant, rencontres régulières et partage d’informations, confiance mutuelle, objectifs concernant la communication, l’autonomie et l’insertion scolaire future de l’enfant. Les professionnels ont également fait part d’une certaine appréhension face à la pression des attentes élevées des familles.

Ce travail de recherche ne fait que commencer. Les questions qu’il soulève sont très nombreuses. Les chercheurs vont par exemple s’intéresser à l’influence de certaines variables sur les parcours évolutifs des enfants : l’ampleur des progressions dans les différents domaines peut-elle être reliée au niveau de développement initial de l’enfant ? À l’intensité des symptômes cliniques (troubles du comportement) et des particularités sensorielles ou motrices ? À quelles mesures les acquis scolaires sont-ils le plus corrélés ? Certains paramètres interviennent-ils comme modérateurs de ces liaisons comme le degré de satisfaction des partenaires de l’enfant vis-à-vis du dispositif et leur qualité de vie (versus degré de stress perçu) ? La variété au plan fonctionnel des sollicitations communicatives que les adultes adressent aux enfants dans les situations de classe (plus ou moins structurées) ?

La collaboration entre les deux laboratoires qui ont mené ce projet se poursuit dans le cadre d’un nouveau projet financé par la CNSA à l’IReSP. 

N. B. Les résultats présentés ici sont ceux posés dans le rapport final (2018). 

Pour plus d’information sur ce projet

  • CAPPE E., ZOUDE J., PLUMET M.-H. « Besoins et attentes des parents et des professionnels concernés par la scolarisation d’enfants ayant un Trouble du Spectre de l’Autisme dans une unité d’enseignement maternelle », Rééducation orthophonique, n° 266, 2016, p. 149-168.
  • PLUMET M.-H., BRIET G., LE SOURN-BISSAOUI S., et al. « Suivi des trajectoires de développement cognitif et social d’enfants TSA scolarisés en unités d’enseignement maternelle : données sur 2 ans », Enfance, n° 4, 2017, p. 585-598.

À propos des laboratoires

Ce projet fait l’objet d’une coopération entre deux laboratoires.
Le laboratoire de psychopathologie et processus de santé (LPPS) de l’université de Paris Descartes héberge l’équipe de recherche de Marie-Hélène Plumet, « Psychopathologie et développement : autisme et handicaps ». Elle travaille notamment sur les processus spécifiques ou généraux de la cognition sociale chez les personnes souffrant de TSA, ainsi que sur les questions de communication.
Site internet du LLPS (nouvelle fenêtre)

Le laboratoire de psychologie : cognition, comportement, communication (LP3C) de l’université de Rennes 2 mobilise notamment des chercheurs autour de l’axe de recherche « Variabilités, évaluation, remédiation ». Sandrine Le Sourn-Bissaoui contribue à des travaux de recherche portant sur les questions d’inclusion scolaire de l’enfant avec TSA, sur leur compréhension de l’implicite dans les textes, afin d’identifier leurs difficultés, comparativement à des enfants « typiques » et à d’autres.
Site internet du LP3C (nouvelle fenêtre)

Contacts

Marie-Hélène Plumet
Maître de conférences en psychologie du développement – LPPC, université Paris Descartes
Courriel : marie-helene.plumet@parisdescartes.fr
Page personnelle (nouvelle fenêtre)

Sandrine Le Sourn-Bissaoui
Maître de conférences en psychologie du développement – LP3C, université Rennes 2
Courriel : Sandrine.lesourn-bissaoui@univ-rennes2.fr
Page personnelle (nouvelle fenêtre)

Référence du projet n° 242
Appel à projets 2016 – Autisme session 2 (partenaire : IReSP)
Titre : Évolution des enfants avec un trouble du spectre de l’autisme scolarisés dans des unités d’enseignement en maternelles (M.-H. Plumet).

Documents à télécharger

Fiche de résultat de recherche : Accueil en maternelle d’enfants avec un trouble du spectre autistique (TSA) ( PDF, 209.26 Ko )
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