Le devenir professionnel des étudiants handicapés

Publié le : 01 juin 2013-Mis à jour le : 23 août 2019

Les chercheurs émettent l’hypothèse que le raisonnement du modèle social du handicap, qui met l’accent sur les causes environnementales des situations de handicap, peine à se développer dans les mondes universitaire et professionnel, particulièrement pour les déficiences entraînant des incapacités de langage, de comportement ou de communication, et que l’invisibilité de la déficience renforce les difficultés.

Une première phase, quantitative, exploite l’enquête Génération 2004 du CÉREQ sur l’insertion professionnelle des sortants du système éducatif. Cette enquête prend peu en compte les situations de handicap dans sa conception, de sorte que les résultats doivent être considérés comme des pistes. En effet, un premier échantillon (N=533) est constitué des personnes déclarant une gêne au travail en raison d’un problème de santé ou d’un handicap, ce qui n’exprime pas explicitement un handicap, tandis que l’effectif du second échantillon (N=98), constitué de personnes bénéficiant de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (OETH), est trop petit pour permettre toutes les analyses souhaitées.

Il apparaît que le parcours des anciens étudiants handicapés, dans leur majorité, est comparable à celui de l’ensemble des sortants de l’enseignement supérieur, ils ne constituent pas un groupe « à part » qui serait écarté des circuits de formation et du monde professionnel. Cependant, près d’un tiers d’entre eux ne valide aucun diplôme, et les autres sortent avec des niveaux de diplômes moins élevés. Trois ans après la fin de leurs études, ils sont plus éloignés du marché du travail et, s’ils sont en situation d’emploi, ils occupent des positions moins hautes et expriment une plus grande insatisfaction. À cinq ans, l’écart des situations professionnelles avec la population de référence diminue, comme si l’insertion professionnelle se faisait plus lentement.

La seconde phase de l’étude, qualitative, a pour objectif d’éclairer et de consolider les résultats trouvés à partir de 22 récits d’insertion. Elle permet d’identifier les dimensions qui influencent les trajectoires d’insertion professionnelle. Ce sont les mêmes que pour la population générale, mais elles sont affectées par les situations de handicap. Les trois principales sont la définition du projet de formation et du projet professionnel, le rôle de la famille et des réseaux amicaux et associatifs et, enfin, le recours ou non à des dispositifs de compensation du handicap.
Exploratoire, cette étude se conclut sur trois pistes concrètes de recueil de données qui permettront de développer la connaissance sur les déterminants de l’accès à l’emploi des étudiants handicapés.

Pour plus d’information sur ce projet

  • SEGON M., BRISSET L., LE ROUX N. « Des aménagements satisfaisants mais insuffisants ? L’expérience contrariée de la compensation du handicap à l’université », Nouvelle Revue de l’adaptation et de la scolarisation, n° 77, 2017, p. 117-129.
  • SEGON M., LE ROUX N. « Travailler moins pour travailler plus longtemps. (Dé)limitations des possibles et rapports à la vie professionnelle des jeunes handicapés », Agora débats/jeunesses, n° 71, 3/2015, p. 111-125.
  • SEGON M., LE ROUX N., BANENS M, et al. « Quelles données statistiques peut-on exploiter pour mesurer les parcours d’entrée dans la vie active des jeunes étudiants handicapés ? », Revue française des affaires sociales, n° 1-2, 1/2014, p. 216-237.
  • SEGON M., LE ROUX N. « Parcours de formation et d’accès à l’emploi des anciens étudiants handicapés : Recours aux dispositifs et dynamiques identitaires », Agora débats/jeunesses, n° 65, 3/2013, p. 77-92.

À propos du laboratoire

SANTESIH (nouvelle fenêtre)
Cette équipe a pour objet de recherche centrale : « Dynamique des processus de production et de réduction des situations de handicap ». Elle possède 2 axes de recherche :

  • les effets sociaux et identitaires des politiques de santé publique (et des modes d’administration des populations et de gouvernement des corps);
  • les déterminants et les logiques d’organisation des mobilisations collectives liées à la santé et aux handicaps.

Site personnel de la chercheure

Contact

Nathalie Le Roux, maître de conférences, sociologue
Université de Montpellier
Courriel : nathalie.le-roux@umontpellier.fr

Références du projet : n° 114
Appel à projets 2010 – Handicap et perte d’autonomie (DREES)
Titre : Étude du devenir professionnel des étudiants handicapés (Le Roux).

Documents à télécharger

Fiche de résultat de recherche : Le devenir professionnel des étudiants handicapés ( PDF, 204.25 Ko )
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