EOL – Écrire et dessiner avec le regard

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Ce dispositif, disponible à l’état de prototype, permet de convertir les mouvements oculaires en un moyen de communication libre, non limité comme dans d’autres cas à des messages préformatés. Cette technologie peut bénéficier à des patients ne pouvant plus parler ou réaliser des mouvements, ou encore apporter de nouvelles possibilités à des bien-portants.

Auteurs :
Jean Lorenceau
Porteurs de projet :
Lucette Lacomblez

Largement utilisée dans la vie de tous les jours pour suivre un objet en mouvement (comme un oiseau en vol), la capacité de poursuite de nos yeux est ici utilisée afin de tracer des lettres, de dessiner ou même de produire des sons.

Conceptuellement, cette approche est basée sur une illusion de mouvement qui fait croire à l’individu qu’une image se déplace sur un écran alors que celui-ci est fixe et que c’est l’œil qui est en mouvement. Les mouvements oculaires sont captés par une caméra connectée à un ordinateur qui calcule la position de l’œil au cours du temps et restitue des lettres, un dessin ou encore des sons générés par l’utilisateur. L’utilisation de ce nouveau canal de communication nécessite un apprentissage pour contrôler les mouvements oculaires, un peu comme un surfeur doit apprendre à maîtriser les vagues et le surf. Les résultats d’une étude de faisabilité réalisée auprès de patients atteints de sclérose latérale amyotrophique (SLA) et de volontaires sains montrent qu’après 5 séances d’entraînement les patients peuvent apprendre à écrire des chiffres et des lettres avec le mouvement des yeux. Le niveau de réussite de ces patients est similaire à celui de sujets sains, mais on observe une très grande variabilité interindividuelle qui semble indépendante de la pathologie, de l’âge ou d’autres facteurs psychosociaux. Afin de faciliter l’emploi de cette technologie, plusieurs pistes d’améliorations ont été testées : la possibilité de faire ressentir à l’individu la vitesse de mouvements de ses yeux à travers un signal sonore couplé aux mouvements des yeux (on parle de « sonification ») a été testée. Elle peut conduire à des améliorations notables chez certaines personnes, mais aussi parfois inversement à une dégradation des performances.

Dans tous les cas, il existe là aussi une très grande variabilité des résultats entre les individus sans que celle-ci soit explicable et donc prévisible ; la qualité de l’expression liée à la reconnaissance des caractères « dessinés » a été explorée à travers deux approches complémentaires : un modèle informatique de reconnaissance automatique des lettres et la mise au point d’un alphabet adapté à l’usage dans le cadre de « l’oculoscription ». Par ailleurs, des travaux ont permis d’optimiser les paramètres physiques à la base de l’illusion visuelle ? et des développements logiciels et technologiques ont permis d’ajouter des fonctionnalités (commande d’un objet, accès à un alphabet préformaté…).

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