Prix des EHPAD en 2024 : un écart important entre les chambres habilitées à l’aide sociale et les autres
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En 2024, les prix de l’hébergement en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) continuent d’augmenter davantage que l’inflation. Ils varient fortement selon les territoires, le statut juridique, la taille et la localisation géographique des établissements expliquant ces différences.
L’augmentation des prix reste élevée, mais elle ralentit
L’année 2024 confirme la tendance à la hausse des prix de référence en EHPAD, qui dépendent notamment du rythme de l’inflation (+2%). Après +4,4 % en 2023, l’augmentation reste soutenue, +4,0 %, marquant une deuxième année de progression notable. Les prix des places habilitées à l’aide sociale à l’hébergement (ASH) progressent plus modérément (+3,8 %). La dynamique des prix des places non habilitées à l’ASH reste forte, même si elle ralentit (+4,4 % après +5,8 % en 2023).
Les tarifs de référence moyens s’élèvent à 66 euros par jour pour les chambres habilitées à l’ASH et à 98,25 euros pour les chambres non-ASH. Globalement, les prix augmentent de 2 à 6 % par rapport à 2023, avec une hausse plus nette dans le secteur public non-ASH (+5,46%) et une dispersion particulièrement marquée dans le secteur privé lucratif (de 81 à 130 euros).
Entre 2017 et 2024, les prix de référence du volet dépendance ont augmenté d’environ 10 %, avec une hausse modérée en 2024 (de 1,70 % à 1,75 %). Au sein d’un même département, les écarts sont faibles entre EHPAD et tiennent surtout au profil des résidents, aux coûts propres à chaque établissement et à certains ajustements techniques. En moyenne, les prix journaliers s’élèvent ainsi à 22,65 euros pour les GIR 1-2, à 14,36 euros pour les GIR 3-4 et à 6,11 euros pour les GIR 5-6. L’encadrement de leur fixation se traduit par une faible dispersion des tarifs.
Des variations fortes d’une place à l’autre
Le prix mensuel de référence, qui combine le tarif d’hébergement et une participation minimale liée à la dépendance (GIR 5-6), correspond à une estimation de la charge mensuelle brute effectivement facturée au résident, avant la prise en compte des aides. En 2024, le prix de référence moyen mensuel d’une chambre seule en hébergement permanent varie fortement selon qu’elle est habilitée à l’ASH ou non. Pour une chambre habilitée à l’ASH, il est de 2 164 euros par mois, et il atteint 3 128 euros par mois pour une chambre non habilitée à l’ASH. L’écart est donc de près de 1 000 euros en moyenne nationale.
Le prix de séjour varie fortement selon les départements. Ces différences sont à mettre en relation avec des caractéristiques locales, notamment la composition du parc d’EHPAD (statut juridique, part de places habilitées, coût du foncier…) et les décisions en matière de tarification. Les EHPAD privés en zone urbaine sont généralement plus chers, tandis que les structures publiques rurales sont plus abordables.
Le statut juridique joue un rôle déterminant. Les EHPAD publics proposent des prix de référence plus stables et homogènes, souvent inférieurs à ceux des établissements privés. Les établissements privés lucratifs pratiquent les prix de référence les plus élevés, surtout lorsqu’ils ne sont pas habilités à l’aide sociale. Le secteur privé non lucratif se situe quant à lui à mi-chemin.
Un accès à l’EHPAD inégal selon les territoires
Accéder à un EHPAD constitue aujourd’hui une préoccupation pour de nombreuses personnes âgées, confrontées à des prix de séjour élevés et à une offre inégalement répartie de places habilitées à l’ASH sur le territoire. L’indice de tension confirme que l’accès aux EHPAD est plus difficile en Île-de-France et plus facile dans des départements ruraux comme la Mayenne ou la Lozère. Il montre également qu’un plus grand nombre d’EHPAD présents sur un territoire ne coïncide pas nécessairement avec une meilleure accessibilité pour les personnes modestes.