La CNSA sélectionne 5 nouveaux doctorants pour son programme de recherche « Autonomie, grand âge et handicap »

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Leurs recherches portent sur les violences vécues par les femmes sourdes, les conséquences de la maladie de Huntington sur les familles, le travail des femmes migrantes auprès des personnes âgées, les transformations des Établissements et services d’aide par le travail (ESAT), ainsi que les parcours professionnels des aides-soignantes.

B. Topuz, pour la CNSA

4e édition du programme de recherche

Depuis 2023, la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) conduit, en partenariat avec l’Institut pour la recherche en santé publique (IReSP), un programme de recherche « Autonomie, grand âge et handicap ». Chaque année, elle soutient notamment de jeunes chercheurs à travers des contrats doctoraux de trois ans et des financements de quatrième année de thèse.

La CNSA souhaite ainsi contribuer à préparer la recherche de demain, en encourageant la production de connaissances en sciences humaines et sociales et en santé publique. Entre 2023 et 2026, le programme a permis d’accompagner 21 doctorants.

Pour l’édition 2026, la CNSA a sélectionné cinq jeunes chercheurs dont les travaux contribueront à mieux comprendre les situations de handicap et de perte d’autonomie. Leurs recherches portent sur les violences vécues par les femmes sourdes, les conséquences de la maladie de Huntington sur les familles, le travail des femmes migrantes auprès des personnes âgées, les transformations des Établissements et services d’aide par le travail (ESAT), ainsi que les parcours professionnels des aides-soignantes.

Près de 558 000 euros seront consacrés au financement de ces cinq thèses.

Liste des lauréats 2026

Contrats doctoraux :

  • Kim Attimon, « Discours, violences et constructions identitaires des femmes sourdes : analyse sociolinguistique des expériences de violences à l’intersection du genre et de la surdité », thèse en sciences du langage réalisée à l’Université de Rouen Normandie.
  • Anastasija Silova, « Faire famille avec la maladie de Huntington : parcours de vie et dynamiques relationnelles face à la perte d’autonomie précoce et au handicap rare », thèse de sociologie réalisée à l’Université Lumière Lyon 2.
  • Ayano Yonekura, « Entre inclusion productive et restriction sociale : l’articulation travail-famille des travailleuses migrantes du care auprès des personnes âgées au Japon et en France », thèse de sociologie réalisée à l’Université de Bordeaux.

Quatrièmes années de thèse :

  • Adrien Carpentier, « Les ambivalences du secteur protégé au prisme du capitalisme sanitaire : entre politiques inclusives, protection et performance économique », thèse en économie réalisée à l’Université Sorbonne Paris Nord.
  • Lisa Triplet, « Trajectoires et mobilités des aides-soignantes : quel(s) espace(s) de promotion socioprofessionnelle ? », thèse de sociologie réalisée à l’Université de Lille.

Résumé des thèses :

Kim Attimon étudiera les expériences de violences vécues par les femmes sourdes. Alors que leur situation reste encore peu documentée, sa recherche cherchera à comprendre comment le fait d’être à la fois une femme et une personne sourde peut influencer l’exposition aux violences, la manière de les raconter, les parcours personnels et l’accès aux droits.

Cette thèse en sciences du langage s’appuiera notamment sur des entretiens et des observations menés en France et au Québec, en lien avec deux associations dirigées par des femmes sourdes et accompagnant des victimes. Elle sera réalisée à l’Université de Rouen Normandie.

La maladie de Huntington est une maladie génétique rare qui entraîne progressivement des troubles moteurs, cognitifs et psychiques, ainsi qu’une perte d’autonomie souvent précoce. La recherche d’Anastasija Silova s’intéressera à la manière dont cette maladie transforme, au fil du temps, la vie des personnes concernées et de leurs proches. Elle étudiera notamment l’évolution des rôles au sein de la famille, les formes d’entraide, la circulation de l’information génétique et les décisions auxquelles les familles sont confrontées.

Cette thèse de sociologie reposera sur l’étude approfondie de 25 familles et sera réalisée à l’Université Lumière Lyon 2.

Ayano Yonekura analysera les parcours des femmes migrantes qui travaillent auprès des personnes âgées en France et au Japon. Sa recherche étudiera la manière dont les politiques migratoires, les conditions de séjour et l’organisation de l’accompagnement de la perte d’autonomie influencent leur accès à l’emploi, leurs possibilités d’évolution professionnelle et leur vie familiale.

En comparant les situations française et japonaise, cette thèse de sociologie permettra de mieux comprendre les conditions de vie et de travail de professionnelles qui occupent une place importante dans l’accompagnement des personnes âgées. Elle sera réalisée à l’Université de Bordeaux.

La thèse d’Adrien Carpentier porte sur les établissements et services d’aide par le travail, les ESAT. Ces structures accompagnent des personnes en situation de handicap qui ne peuvent pas, temporairement ou durablement, travailler dans une entreprise ordinaire. Sa recherche analyse la manière dont les ESAT évoluent sous l’effet des politiques d’inclusion professionnelle et des nouvelles exigences économiques. Elle cherchera notamment à comprendre comment ces établissements concilient leur mission de protection et d’accompagnement avec des objectifs croissants de professionnalisation et de performance. Elle s’intéressera également aux conséquences de ces transformations sur les parcours des travailleurs en situation de handicap.

Cette thèse en économie est réalisée à l’Université Sorbonne Paris Nord.

Lisa Triplet étudie les trajectoires professionnelles des aides-soignantes dans les secteurs sanitaire, médico-social et de l’accompagnement à domicile. Sa recherche cherche à déterminer si l’entrée dans ce métier peut constituer une voie de progression professionnelle et à identifier les facteurs qui favorisent ou freinent les évolutions de carrière. Elle analyse également les différences de parcours selon le secteur d’exercice, par exemple à l’hôpital, dans le champ du handicap, auprès des personnes âgées ou à domicile. Les résultats permettront de mieux comprendre les enjeux d’attractivité du métier, de mobilité professionnelle, de fidélisation des personnels et de pénurie de main-d’œuvre.

Cette thèse de sociologie est réalisée à l’Université de Lille.

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