Vieillir à domicile, disparités territoriales, enjeux et perspectives Publié le 15/03/2023 Écouter Imprimer Envoyer Partager Les politiques publiques de l’autonomie privilégient de plus en plus le maintien à domicile pour les personnes âgées. Auteurs : Institut des politiques publiques (IPP) Porteurs de projet : Institut des politiques publiques (IPP) L'élément majeur du contexte est connu de tous : l'arrivée des générations nombreuses du baby-boom aux âges où la perte d'autonomie devient plus fréquente va créer un besoin d'aide dans les actes de la vie quotidienne d'une ampleur inédite.Or, au moment précis où la vague démographique approche, les politiques publiques de l'autonomie se voient enjointes de prendre un « virage domiciliaire » qui correspond à la fois au souhait de la majorité des personnes âgées de « vieillir chez soi », et à une volonté plus globale de favoriser la prise en charge à domicile et la désinstitutionnalisation - comme en attestent, sur trois plans différents, le « virage ambulatoire » pris depuis une dizaine d'années par le secteur sanitaire, l'avis 128 du Conseil Consultatif National d'Ethique sur les enjeux éthiques du vieillissement qui se prononçait contre la « concentration » des personnes âgées dans des établissements d'hébergement et prônait des « alternatives à l'Ehpad », ou encore les rapports successifs de l'ONU sur les droits des personnes handicapées, très critiques envers la prise en charge en établissement.Le projet de recherche lancé en 2019 par l'Institut des politiques publiques (IPP), dans le cadre d'un contrat de recherche avec la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA) cherche à apporter des connaissances, jusqu'ici manquantes, sur les personnes âgées en perte d'autonomie, dans trois dimensions : les trajectoires individuelles (dimension longitudinale), l'aide de l'entourage (dimension familiale), et les disparités territoriales (dimension spatiale). Ce rapport en présente les résultats.Mis ensemble, ces résultats interrogent les conditions de possibilité du virage domiciliaire.Tout d'abord, en montrant que les résidents d'établissement sont une population aux besoins particulièrement importants, mais également une population hétérogène. Les plus jeunes d'entre eux, entre 60 et 75 ans, cumulent les difficultés et sont actuellement en Etablissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) précisément car il s'est avéré impossible qu'ils restent à domicile. Permettre de rester à domicile aux personnes actuellement accueillies en Ehpad demanderait donc une prise en charge à la fois très importante quantitativement, et qualitativement adaptée aux différents publics actuels des Ehpad.En montrant également que l'aide informelle n'est ni gratuite, ni inépuisable, ni évidente. De nombreux facteurs influencent le fait d'aider ou non un proche en perte d'autonomie, et le type d'aide apportée, notamment le genre des aidants potentiels. Les projections du nombre de personnes âgées en perte d'autonomie et d'aidants potentiels montrent que cette ressource pourrait venir à manquer dans les années 2030, notamment pour les hommes âgés, qui seraient de plus en plus nombreux à n'avoir ni conjointe ni enfant. Les personnes âgées en perte d'autonomie de demain pourront donc moins compter sur leurs proches pour les aider, ce qui compliquerait une éventuelle prise en charge à domicile. Le virage domiciliaire devra nécessairement s'accompagner d'une politique de soutien aux aidants familiaux, et d'une réflexion sur leur rôle. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Vieillir à domicile : disparités territoriales, enjeux et perspectives (zip,3.95 Mo)