Toutes les grandes associations gestionnaires ne se ressemblent pas

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Les grandes associations gestionnaires d’établissements et services médico-sociaux pour personnes handicapées tendent à adopter les mêmes principes de management, mais les modalités de mise en œuvre de ces principes ne s’imposent pas complètement à elles. Elles conservent une certaine liberté de choix et donc d’individuation.

Auteurs :
Jean-Pierre Claveranne, Benoit Cret, Guillaume Jaubert, David Piovesan, Magali Robelet
Porteurs de projet :
Jean-Pierre Claveranne

Le secteur du handicap (enfant et adulte) présente la double particularité d’être géré à 80 % par des associations et d’être très concentré autour de « grandes associations ». En effet, 5 % des plus grandes associations gèrent 40 % des places. Ces grandes associations ont connu sur les quinze dernières années d’importants changements dans leur mode de fonctionnement : engagement dans des stratégies de développement économique autour d’activités productives et de recherche d’efficience ; développement de relations de partenariat avec les pouvoirs publics ; professionnalisation et formalisation des fonctions de gestion (structuration d’un siège associatif et directeurs formés au management).

Cette recherche avait pour objectif de comprendre comment les grandes associations gestionnaires du secteur du handicap ont adopté et mis en œuvre ces principes de conduite. Elle s’est appuyée sur deux études de cas : une association de parents d’enfants handicapés mentaux (ADAPEI) et une association créée par des représentants de l’Éducation nationale, faisant la promotion d’un projet pédagogique spécifique pour les enfants « inadaptés » (Œuvre des villages d’enfants). L’hypothèse centrale était que ces transformations ne constituaient pas un fait naturel ou nécessaire aux grandes associations pour s’adapter à l’accroissement de leur taille ou aux contraintes de l’environnement.

Les résultats montrent que les modes de conduite des grandes associations gestionnaires étudiées convergent vers l’adoption des mêmes principes d’action (recherche d’efficience, relations partenariales avec les pouvoirs publics, professionnalisation du management). Cependant, la mise en œuvre de ces principes n’empêche pas le maintien de certaines caractéristiques distinctives des associations (une organisation plus ou moins centralisée ou des stratégies plus ou moins poussées de diversification). L’absence d’homogénéisation complète ou d’indifférenciation des organisations associatives s’explique par le fait que les conduites de gestion ne s’imposent pas de manière automatique ou naturelle aux acteurs qui les interprètent, les reformulent, les mettent en œuvre selon des modalités diverses en fonction de contextes locaux.

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