Que devient la vie de couple après 50 ans ? Publié le 12/12/2019 Écouter Imprimer Envoyer Partager « Vieillir à deux » est un projet ANR coordonné par Anne Solaz, directrice de recherche à l’INED (Institut national d’études démographiques), démarré en décembre 2015 pour 48 mois, financé à hauteur de 212 128 €. L’équipe rassemble quatorze chercheurs issus de six institutions : INED, EHESS, Centre d’Économie de la Sorbonne, CRESPPA, CREST et Université de Cergy-Pontoise. Le projet croise démographie, économie et sociologie de la famille pour interroger la vie conjugale des 50 ans et plus, aux portes ou au cœur de la retraite. Auteurs : Anne Solaz Porteurs de projet : Anne Solaz Les premières générations du baby-boom ont atteint la soixantaine au début du siècle. Les départs à la retraite sont chaque année plus importants et demeureront soutenus jusqu'en 2035. Ces nouveaux retraités sont plus nombreux mais aussi différents des générations précédentes. Les couples sont moins souvent mariés. L'augmentation du divorce et des séparations conjugales fait qu'ils ont plus souvent connu une rupture d'union, plusieurs histoires conjugales ou des recompositions familiales. Les trajectoires professionnelles diffèrent aussi avec l'arrivée de générations de femmes nettement plus actives et des générations plus touchées par le chômage.Si les recherches sur l'impact des trajectoires professionnelles sur les différentes dimensions de la vieillesse foisonnent, l'impact de l'évolution des comportements conjugaux est nettement moins documenté. Les couples âgés ont été un peu étudiés en sociologie (Caradec 1996) et en démographie (Murphy et al 2007, Tomassini et al 2004, Delbès Gaymu, 2004) mais ont fait l'objet de moins d'attention jusqu'ici dans la littérature économique malgré ces transformations.Aux âges proches de la retraite, la vie en couple est largement majoritaire et concerne 75% des femmes de 55 à 65 ans et 85 % des hommes (Toulemon 2007). Les inégalités entre partenaires en termes de revenus ou de partage des tâches domestiques, déjà observées pendant la vie active peuvent s'accentuer ou s'atténuer à ces âges. Les risques de veuvage et de dépendance (Bonnet et al 2011) peuvent devenir suffisamment forts pour que les conjoints souhaitent s'en prémunir en changeant de logement, le réaménageant, ou en réduisant leur consommation. Ces couples de seniors doivent donc faire des choix dont les déterminants peuvent différer de ceux dictant ceux des couples plus jeunes.Ce projet se propose donc de s'intéresser aux couples à partir de 50 ans, en passe d'être ou étant déjà à la retraite dans différentes dimensions. Le passage à la retraite est un moment clef du cycle de vie et pas forcément simultané pour les conjoints. Un premier axe décrit l'évolution des comportements matrimoniaux autour de la retraite et aux âges avancés : nouvelles formes d'union, ruptures et recompositions après 50 ans. Cette description du paysage matrimonial est essentielle pour effectuer des projections démographiques et estimer les besoins futurs en termes de dépendance. En effet, la vie en couple peut retarder le recours à des aides publiques, le conjoint s'avérant souvent un premier aidant précieux. Le passage à la retraite est aussi un moment où les rôles traditionnels en termes de division du travail domestique peuvent se renégocier quand l'un est retraité avant l'autre. C'est aussi le cas quand l'un des conjoints devient dépendant. Un deuxième axe porte sur cette allocation du temps des couples de seniors. La fin de la vie active a aussi des conséquences financières en termes de revenu et patrimoine auxquelles s'intéresse le troisième axe. Enfin, nous traitons des conséquences économiques qu'entraîne la désunion aux âges élevés suite à la séparation ou le décès d'un conjoint.Les conséquences du vieillissement sont multiples et ne peuvent être traitées par une seule discipline ou domaine d'expertise. Si l'approche de ce projet est principalement économique, elle bénéficie aussi des apports et de regards de la sociologie et de la démographie. L'équipe est constituée de 14 chercheurs dans six institutions (EHESS, CES, CRESPPA, CREST, Université de Cergy-Pontoise et l'INED). En fédérant ces chercheurs, ce projet propose de développer une compétence particulière sur ce thème des couples âgés, de publier des travaux de recherche dans des revues internationales, d'éclairer le débat public sur cette population dont l'importance est amenée à croître dans l'avenir. Cela pourra guider les politiques publiques de lutte contre la pauvreté des personnes âgées ou de droit à l'information sur les droits et conséquences des statuts maritaux. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis.