Quand un IME s’installe dans les murs d’un collège

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Alors que l’inclusion est érigée comme l’un des mots d’ordre pour penser les modalités de scolarisation des élèves en situation de handicap, ce projet vise la description du fonctionnement d’un institut médico-éducatif (IME) dit « hors les murs » installé dans un collège ordinaire. La recherche met en lumière les enjeux d’un tel dispositif qui articule les accompagnements d’une unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) et ceux d’un IME.

Auteurs :
Hugo Bertillot, Noémie Rapegno, Cécile Rosenfelder
Porteurs de projet :
Hugo Bertillot

L’IME « hors les murs » est un dispositif partenarial (inspection académique et association gestionnaire) qui propose un accompagnement pédagogique, thérapeutique et éducatif au sein d’un collège, et c’est là sa spécificité : articuler les accompagnements d’un IME et d’une ULIS pour permettre la scolarisation des élèves et favoriser leur participation sociale. Ce dispositif suppose donc que le « monde » de l’Éducation nationale et celui du médico-social travaillent ensemble au quotidien.

Les chercheurs ont mis en évidence les nombreuses tensions qui conduisent à des remises en question régulières de la pérennité, de l’identité juridique et des finalités du dispositif. Pour surmonter ces tensions, les acteurs opèrent un important travail de conciliation, qui doit permettre d’ancrer le dispositif au sein du collège et de pleinement l’y inscrire. Cela repose sur de multiples « bricolages » au jour le jour et sur un important travail de médiation de l’équipe de l’IME pour construire des relations entre le dispositif, les acteurs de la vie scolaire et les enseignants du collège.

La recherche décrit les pratiques d’accompagnement des professionnels de l’IME « hors les murs ». L’équipe pluridisciplinaire du dispositif se singularise par un mode de travail en commun, qui participe au développement d’une communauté d’expérience, de compétences et de pratiques. Les compétences spécialisées de chacun des professionnels sont articulées pour soutenir une inclusion aux dimensions multiples (scolaire, professionnelle, relationnelle et sociale) qui dépasse le cadre de l’établissement scolaire. Les pratiques d’accompagnement s’appuient sur un triptyque composé d’un axe éducatif, d’un axe pédagogique et d’un axe thérapeutique. En somme, il s’agit de s’appuyer sur les possibilités offertes par ce cadre atypique pour encourager une plus grande autonomie des élèves.

Les chercheurs ont également questionné l’expérience vécue par les élèves accueillis dans le dispositif. Tout en leur permettant de s’affirmer en tant que collégiens, la démarche inclusive vient questionner leur identité. Symboliquement, l’inclusion au collège valide un état de « normalité » des élèves et agit comme une preuve de leurs compétences ; au quotidien, elle peut exacerber le sentiment de différence.

Dans l’objectif de rendre l’inclusion possible et effective, ce dispositif peut générer des contraintes supplémentaires pour les jeunes, notamment en termes d’apprentissage à l’autonomie ou de participation à la vie du collège.

L’accompagnement resserré autour des jeunes peut aussi réduire leur espace de liberté. Le dispositif s’adresse donc à un profil particulier d’élèves qui doivent avoir des capacités d’apprentissage accompagnées d’un désir d’apprendre et d’une envie d’aller vers les autres. L’absence de dispositif équivalent au lycée exacerbe aussi la question du devenir de ces jeunes, en milieu ordinaire ou institutionnel.

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