Prédiction de la qualité de vie d’une personne schizophrène Publié le 28/07/2011 Écouter Imprimer Envoyer Partager Dans le handicap psychique, la qualité de vie subjective, telle que perçue par le sujet, n’est pas directement liée à la qualité de vie objective, telle que perçue par un observateur extérieur. Auteurs : Antoinette Prouteau Porteurs de projet : Antoinette Prouteau Cette recherche partait du constat que des facteurs métacognitifs (connaissance de ses propres processus cognitifs, de leurs produits et de tout ce qui y touche) pourraient être impliqués dans le handicap psychique et interagir avec les prédicteurs objectifs classiques, qu’ils soient cliniques (anxiété, dépression) ou cognitifs (mémoire, fonctions exécutives). Ces facteurs entretiendraient des liens spécifiques avec plusieurs aspects du handicap psychique tels que l’insertion sociale, l’insertion professionnelle ou la qualité de vie subjective. Malgré les applications cliniques susceptibles d’en découler, ces facteurs ont été peu étudiés. L’objectif général du projet visait à les intégrer dans les modèles actuels en vue d’améliorer la prédiction du handicap psychique et sa dynamique d’évolution. Les résultats suggèrent que, dans le handicap psychique, le pouvoir des troubles cognitifs objectivement mesurés est renforcé par celui de la perception subjective des troubles, telle que la personne concernée peut les rapporter. Les effets de ces deux niveaux d’analyse doivent être appréhendés sous forme d’interaction plus que de simple addition. La qualité de vie subjective, telle que perçue par le sujet, et la qualité de vie objective, telle que perçue par un évaluateur extérieur, ne sont pas reliées. La qualité de vie subjective est fortement reliée au bien-être général, alors que la qualité de vie objective n’y est que faiblement associée. Les prédicteurs des qualités de vie sont également différents. La qualité de vie subjective est exclusivement reliée à des variables subjectives, autoévaluées et ayant trait à la représentation de soi (métacognition). À l’inverse, la qualité de vie objective est essentiellement reliée à des prédicteurs objectifs, comme les symptômes et la cognition, et peu à des prédicteurs subjectifs. Prises isolément, les variables cognitives les plus pertinentes ont un pouvoir prédictif accru grâce à l’ajout de variables subjectives dans les modèles de prédiction de la qualité de vie objective. De manière plus générale, cette recherche pose la question de la définition du handicap psychique et de la manière dont ce concept peut être rendu opérationnel. En effet, la loi de 2005, en parlant de limitation d’activité et de restrictions de participation, évoque des construits objectifs. Or, une telle approche est paradoxale concernant le handicap psychique qui renvoie à des troubles de la représentation de soi et de l’identité. De plus, l’ajustement des personnes à leurs déficiences est variable en fonction des individus, quel que soit le handicap considéré. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Prédiction de la qualité de vie d’une personne schizophrène - Rapport final (pdf,1.24 Mo) Prédiction de la qualité de vie d’une personne schizophrène - Fiche (pdf,200.91 Ko)