Palliacom : système multimodal d’aide à la communication

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Destiné à assister la communication de personnes ayant de sévères difficultés à parler ou à écrire, Palliacom vise d’une part la réalisation d’une aide technique à l’écriture à partir d’un alphabet ou de pictogrammes sur un support PC ou tablette, et d’autre part une connaissance fonctionnelle des personnes utilisatrices, grâce à un suivi d’usage sur le terrain.

Auteurs :
Maryvonne Abraham
Porteurs de projet :
Maryvonne Abraham

Palliacom, une communication alternative ou palliative quand on ne peut pas s’exprimer.

Une solution informatique quand la communication est trop lente ou impossible

À destination des personnes privées des facilités des fonctions communicatives ordinaires (parole, gestes permettant l’écriture), le projet PALLIACOM vise la réalisation d’un système informatique de communication produisant du texte français grammaticalisé. Plusieurs accidents de la vie peuvent perturber la communication orale ou écrite, dès la naissance (infirmité motrice cérébrale), par suite de maladies dégénératives ou d’accentuation sévère de troubles comportementaux, ou après des traumatismes crâniens ou des accidents vasculaires cérébraux.

Quand la communication défaillante peut être contournée par l’écriture alphabétique du français, la recherche soutient l’assistance au geste d’écriture sur ordinateur. Dans le cas des très jeunes enfants (qui grandiront !), c’est l’apprentissage complet de la langue qu’il faut aider, en passant d’abord par des images représentant les mots. Comme les compétences physiques ou cognitives d’une même personne évoluent au cours du temps, il faut pouvoir alterner l’écriture pictographique et l’écriture alphabétique. C’est pourquoi PALLIACOM associe dans un même système informatique plusieurs options d’écritures (alphabétique, logographique ou mixte) permettant la production assistée de textes au moyen de claviers virtuels configurables organisés en fonction des possibilités gestuelles, perceptives et cognitives de l’utilisateur.

Quand l’informatique aide l’écriture ou synthétise la parole

Les ordinateurs ont pu faciliter le quotidien d’un grand nombre de personnes. Pour celles qui ne peuvent pas parler mais savent « dans leur tête » ce qu’elles veulent dire, la recherche, en combinant dans un même outil informatique portable des technologies informatiques, des logiciels de synthèse de parole, des connaissances sociales, linguistiques et cognitives, des techniques d’assistance, peut aboutir à une aide technique améliorant la communication pour une meilleure insertion sociale. Les difficultés se situent dans l’extrême hétérogénéité des troubles du langage, souvent associés à des difficultés visuelles ou gestuelles. Un suivi ethno-sociologique des apprentissages montre qu’il faut prendre en compte l’âge de la personne, son projet de vie, ses compétences visuelles, gestuelles, mémorielles et cognitives, et aussi montrer que l’aide technique proposée a permis des avancées notables de la communication. L’étude sociologique montre aussi que pour être accepté, l’outil doit tendre vers un apprentissage PAR l’aide technique (suivi TB) et non passer par un apprentissage à l’aide technique (approche RDI+).

La totalité du projet n’a pas pu être industrialisée. L’intégration des différentes options du communicateur est un produit résultat de recherche, testé à Rennes, avec des résultats positifs. L’interface homme-machine du communicateur, qui peut intégrer différentes aides techniques s’ajoutant à celles issues du projet de recherche, a l’intérêt de présenter à l’utilisateur les outils de communication qu’il utilise, dans la configuration qui est la sienne. Un clic sur sa photo le place ainsi directement dans son environnement de travail. L’interface permet diverses configurations, aussi bien personnelles que collectives, pour des groupes d’apprentissage. Les écritures proposées peuvent être pictographiques ou alphabétiques, assistées en cours de frappe par des retours sonores. Le scripteur peut ainsi élaborer des phrases qui sont oralisées. Plusieurs organisations de claviers virtuels de départ sont proposées, adaptables au cours de l’utilisation. Une complémentation de l’écriture alphabétique est possible. Les handicaps à soulager étant très hétérogènes, une connaissance sociale des utilisateurs, de leurs compétences, de leurs projets de vie est nécessaire à la fois pour configurer le communicateur et pour évaluer son usage : les profils des utilisateurs alimentent une base de connaissance qui servira aussi à configurer rapidement le communicateur pour un nouvel utilisateur. La base de connaissance est assortie d’outils de configuration et d’aides en ligne.
 

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