Les recompositions des régulations des (in)capacités civiles Publié le 25/09/2019 Écouter Imprimer Envoyer Partager Les sociétés démocratiques reposent sur le principe d’une égale capacité civile de tous les citoyens à décider pour eux-mêmes, mais elles recourent aussi à des mesures de protection juridique qui concernent aujourd’hui 800 000 personnes en France, alors qu’elles n’étaient que quelques dizaines avant 1968. Ce programme de recherche a analysé les recompositions du droit des (in)capacités civiles et les outils de régulation mis en œuvre pour concilier ces mesures avec l’impératif de respecter la volonté et les préférences des personnes protégées, notamment au regard de l’article 12 de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées. La recherche montre que, dans les pratiques concrètes, les contrôles restent centrés sur les risques plutôt que sur le respect effectif des droits des personnes, et que les tuteurs familiaux sont insuffisamment soutenus. Auteurs : Benoît Eyraud Porteurs de projet : Benoît Eyraud Les sociétés démocratiques reposent sur le principe juridique d’une égale capacité civile de tous les citoyens à décider et à agir pour eux-mêmes dans tous les domaines de la vie sociale. Cette capacité est reconnue par le droit, ce qui garantit l’autonomie et la liberté des individus au nom du respect de la dignité humaine. En même temps, le droit prévoit des mesures de protection permettant de décider et d’agir à la place des personnes qui sont juridiquement reconnues comme étant dans l’incapacité d’agir ou de prendre des décisions par elles-mêmes : soins forcés, mesures de tutelle et curatelle, règlements administratifs d’établissements ou services. Les évolutions sociales récentes ont renforcé ce paradoxe entre l’affirmation toujours plus forte d’une présomption de capacité, à travers notamment l’article 12 de la Convention Internationale des Droits des Personnes Handicapées (CIDPH), et des usages sociaux multipliant le recours aux mesures légales de protection. Dans un contexte de questionnement de l’action publique sur le développement des mesures de protection, mais aussi de réception de la CIDPH dans le droit domestique, le programme Regulcap s’est donné comme objectif d’éclairer ce paradoxe en l’inscrivant dans l’hypothèse du « tournant juridique » des relations d’accompagnement et de protection, d’analyser comment les acteurs sociaux y font face en s’intéressant tout spécifiquement aux outils régulatoires, afin de constituer une aide aux politiques et de participer à une sensibilisation du public. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Les recompositions des régulations des (in)capacités civiles (Regulcap) (pdf,828.71 Ko)