Les conséquences de l’accident vasculaire cérébral

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L'accident vasculaire cérébral (AVC) est aujourd’hui l’une des premières causes de handicap acquis en France. Afin de mieux accompagner les personnes et leurs familles dans cette épreuve qui bouscule le quotidien, il est nécessaire d’approfondir les connaissances des conséquences de l’AVC sur la qualité de vie et la participation sociale.

Auteurs :
Anne-Marie Schott, Claire Della Vecchia, M. Viprey, J. Haesebaert, M. Préau, C. Carpentier
Porteurs de projet :
Anne-Marie Schott

L’objectif de cette étude soutenue par la CNSA était de mieux comprendre le retentissement d’un accident vasculaire cérébral (AVC) sur la vie des personnes et de leurs aidants proches, et notamment la gestion quotidienne de ses conséquences.

Les autrices ont d’abord réalisé une revue de la littérature internationale, qui a révélé que le soutien social, les attitudes de l’entourage, l’environnement physique, l’accès aux soins, aux services sociaux et aux dispositifs dédiés aux personnes ayant eu un AVC apparaissaient comme des facilitateurs de la participation. Il serait donc possible d’optimiser la récupération des personnes en jouant sur ces facteurs.

Afin d’approfondir l’analyse, une enquête par questionnaire auprès de 352 personnes ayant subi un AVC a été réalisée. L’objectif était d’identifier les facteurs personnels et environnementaux associés à la participation sociale. 62,8 % des personnes interrogées sont des hommes ; elles sont âgées de 68,7 ans en moyenne (écart-type de 14,5 ans), 64,8 % vivent en couple, 59,7 % sont retraitées et 31,0 % en activité professionnelle.

Le degré de participation sociale a été mesuré avec le score associé au domaine « participation » de l’échelle Stoke Impact Scale 2.0 qui permet d’évaluer, pour les personnes ayant subi un AVC, les restrictions de participation perçues. Le domaine « participation » de l’échelle comprend neuf items (travail, loisirs, activités habituelles, rôle social...) dont les scores varient de 0 (restriction permanente) à 5 (aucune restriction) avec une normalisation du score global à 100. En moyenne, les personnes déclarent percevoir des restrictions plus importantes dans les loisirs et dans le fait de contrôler leur vie.

La satisfaction liée à l’environnement et aux relations sociales a été mesurée au moyen d’un questionnaire (version abrégée du World Health Organization Quality of Life) qui contient entre autres huit questions relatives à la satisfaction vis-à-vis de l’environnement (sécurité, ressources financières, accès aux soins, aux moyens de transport...), et trois questions relatives à la satisfaction vis-à-vis des relations sociales (soutien, vie sexuelle, relations personnelles), avec là aussi une normalisation du score global à 100 pour chacune des deux mesures de satisfaction, 100 étant le niveau de pleine satisfaction. Le score global moyen de satisfaction des personnes interrogées est de 62,5 concernant leur environnement (écart-type de 18,9 points) et de 69,5 pour les relations sociales (écart-type de 18 points).

Les autrices cherchent ensuite à identifier les facteurs explicatifs de la variabilité du score de participation. Avec un modèle de régression linéaire, elles montrent que le fait d’être une femme et d’avoir un score NIHSS élevé à l’admission (l’échelle NIHSS – National Institute of Health Stroke Score – évalue la sévérité de l’AVC) est associé à un plus faible score de participation, tout comme le fait d’utiliser des substances (médicaments, drogue, alcool) pour surmonter l’événement et rechercher du soutien émotionnel. En revanche, la réinterprétation positive de l’événement, l’utilisation de l’humour et la satisfaction vis-à-vis de l’environnement de vie sont associées à une meilleure participation. Ce modèle explique près de 40 % de la variabilité du score de participation. Des entretiens ont également été réalisés afin d’étudier plus précisément le vécu de l’AVC et la représentation qu’en ont les personnes. 

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