Le devenir professionnel des personnes souffrant de schizophrénie

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L’insertion ou le maintien d’une activité professionnelle est un objectif difficile à atteindre chez les personnes souffrant de schizophrénie. Toutefois, l’attribution du statut adulte handicapé n’a pas d’impact réel sur leur motivation à rechercher un emploi.

Auteurs :
Hélène Verdoux, Régis Goumilloux, Florence Monello, Audrey Cougnard

La schizophrénie est une pathologie fréquente, avec une prévalence de 1 % dans la population générale. Cette pathologie psychiatrique qui débute le plus souvent à l’adolescence ou chez l’adulte jeune compromet gravement les capacités d’insertion socioprofessionnelles.

L’objectif principal de ce travail de recherche était d’explorer le devenir socio-professionnel de 108 personnes souffrant de schizophrénie au cours des deux ans suivant l’attribution du statut d’adulte handicapé, en particulier concernant l’insertion professionnelle et les aides techniques dont ont bénéficié ces personnes pour favoriser cette insertion.

Cette étude confirme que l’insertion ou le maintien d’une activité professionnelle est un objectif difficile à atteindre chez les personnes souffrant de schizophrénie. En revanche, l’attribution du statut adulte handicapé ne paraît pas avoir d’effets dissuasifs sur la motivation à entreprendre des démarches d’insertion professionnelle. Près d’un patient sur deux ayant le statut adulte handicapé reste engagé dans des démarches actives d’insertion et de recherche d’emploi, utilise les ressources disponibles et fait des démarches personnelles. Ce point apporte un démenti à la croyance partagée par bon nombre d’équipes soignantes selon laquelle l’attribution du statut adulte handicapé a un impact délétère sur la motivation à rechercher un emploi et doit être le plus possible différée pour ne pas faire « perdre une chance » au patient. L’efficience des aides en termes de réinsertion effective doit être évaluée de manière nuancée. Même si peu de patients ont obtenu un emploi salarié stable, une proportion importante d’entre eux reste néanmoins dans une dynamique de réinsertion, que ce soit par le biais de stages, de formations, d’entretiens d’embauche ou de périodes d’activité même transitoires. La question qui se pose est de savoir si l’engagement dans un processus de réinsertion via une activité salariée est bénéfique pour ces personnes si ces démarches n’aboutissent pas à une réinsertion effective. On peut a priori considérer comme bénéfique tout facteur permettant de lutter contre l’isolement social et favorisant le maintien des patients dans la communauté. Néanmoins, les échecs répétés peuvent aussi avoir un impact négatif sur l’estime de soi.

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