FRAMPA

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Analyse de la polymédication et des prescriptions potentiellement inappropriées chez les personnes âgées selon leur statut de fragilité.

Auteurs :
Sylvain Pichetti
Porteurs de projet :
Sylvain Pichetti (Irdes) – Frampa

La fragilité consiste en une diminution de la résistance face au stress qui augmente la vulnérabilité d’une personne et l’expose à un risque d’événements péjoratifs et d’évolution vers la dépendance. Sur le plan biologique, la fragilité résulte de la diminution des réserves physiologiques, notamment nutritionnelles, musculaires et cognitives, du fait de la maladie, du vieillissement ou de facteurs environnementaux. L’intérêt du concept de fragilité est de se situer en amont de l’apparition des incapacités, permettant ainsi la conduite d’actions préventives (Bergman et al., 2007 ; Clegg et al., 2013).

Les bases du phénotype fragile ont été définies dans les années 2000 grâce aux résultats d’une étude épidémiologique nord-américaine (Fried et al, 2001). Celui-ci est défini par la présence d’au moins trois critères parmi ceux-ci : une perte de poids involontaire, une fatigue déclarée, un bas niveau d’activité physique, une vitesse de marche lente et une faiblesse musculaire. Les sujets présentant un ou deux de ces critères sont dits pré-fragiles. Cet état d’instabilité concernerait 14 % des sujets de plus de 65 ans (Shamliyan et al., 2013) et aurait des répercussions significatives sur le recours aux soins (Rockwood et al., 2011).

Une étude dans une population de plus de 1 600 hommes âgés de 70 ans et plus en Australie montre que les consultations médicales, les soins infirmiers et la kinésithérapie sont plus fréquents chez les sujets fragiles par rapport aux sujets non-fragiles. Après ajustement sur l’âge et les comorbidités, la probabilité d’hospitalisation au cours des 12 derniers mois était majorée d’un facteur trois par le statut fragile (Rochat et al., 2010). Concernant les médicaments, les études observationnelles suggèrent une médication plus importante des sujets fragiles, d’en moyenne deux à trois médicaments de plus par rapport aux sujets non-fragiles (Drey et al, 2011 ; Miguel et al., 2012 ; Herr et al., 2015) et un risque de polymédication plus élevé (Chang et al., 2011 ; Gnjidic et al., 2012 ; Herr et al., 2015). En outre, quelques travaux indiquent que les sujets âgés fragiles prennent plus de médicaments à risque iatrogénique, notamment des médicaments ayant des propriétés anticholinergiques (Gnjidic et al., 2012) ou augmentant le risque de chute (Bennett et al., 2014).

Dans une perspective de santé publique, les tendances précédemment décrites méritent d’être explorées plus avant, en détaillant la nature des médicaments impliqués dans la polymédication. Des indicateurs de prescription potentiellement inappropriée (PPI) ont été développés pour évaluer les prescriptions des personnes âgées spécifiquement (notamment les critères de Beers, la liste Laroche et les critères STOPP and START) et peuvent aider à dégager des priorités dans les démarches de réduction de la polymédication. Ce travail s’attachera à analyser les prescriptions médicamenteuses des sujets âgés (65 ans et plus) inclus dans l’étude ESPS 2012 (Enquête santé et protection sociale (ESPS), enquête de référence sur la santé), au regard de leur statut fragile.

Principal : Décrire la polymédication et les PPI selon le statut fragile (robuste, pré-fragile, fragile, dépendant) en 2012.

Secondaires :

  1. Comparer les résultats obtenus dans ESPS 2012 avec ceux obtenus dans d’autres études (GAZEL, SIPAF) et discuter les différences observées d’un point de vue méthodologique.
  2. Poursuivre l’analyse en poolant les données 2012 et 2014.
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