Évolution des politiques d’aide à domicile en Europe Publié le 19/08/2012 Écouter Imprimer Envoyer Partager Malgré des régimes de care différents, l’Italie, l’Allemagne, la Belgique et l’Angleterre semblent faire évoluer leurs politiques en matière de services d’aide à domicile selon les mêmes logiques libérales, de maîtrise des coûts de service et de transfert à l’usager du choix du service. Auteurs : Florence Degavre, Marthe Nyssens Les résultats de ce projet d’analyse comparée des politiques publiques sont d’abord empiriques, et cette recherche fournit une base de connaissance riche et détaillée sur les régimes de care dans ces quatre pays. Le régime de care se définit par le rôle attribué respectivement à la famille ou à l’aide socialisée dans l’accompagnement des personnes dépendantes, par la façon d’organiser et de réguler l’aide professionnelle (qualité, prix, concurrence ou non), par la façon de solvabiliser l’aide professionnelle (prestations de services en nature ou versement d’aide monétaire en espèces à l’usager), par le ciblage de l’aide sociale (universelle, progressive ou ciblée) et par un discours autour du « bon care » et de qui doit le dispenser. Le rapport décrit à partir de données quantitatives et qualitatives les fondements politiques et les pratiques de ces quatre pays européens en ce domaine, ainsi que leurs évolutions récentes. Le fonctionnement de l’économie des services d’aide à domicile est très différent dans ces quatre pays. La structure d’offre diffère tant en termes de type d’opérateurs que de formes de concurrences. Le non marchand représente 53 % en Allemagne, 11 % en Angleterre, 14 % en Italie, 83 % en Flandre et 73 % en Wallonie. Les principes et pratiques de régulation (conditions d’entrée, sectorisation, prix et qualité) sont très variés et structurent les formes de concurrence. Tous ces paramètres sont décrits et analysés pays par pays. Au-delà de ces variations nationales, résultant de constructions historiques, le trait commun des évolutions récentes dans ces quatre pays européens est qu’ils ont tous introduit plus de choix entre les services en nature et les prestations en espèces. Cela conduit à des configurations de « quasi-marchés » qui combinent principes marchands et régulation publique. Tous prônent progressivement une approche « client » et non plus « usager ». L’idéologie du « new public management » et de « best value for money » semble avoir inspiré nombre de ces transformations. Dans le même temps, le rôle des aidants informels dans le maintien à domicile devient plus explicite et plus accompagné. Le rapport interroge d’ailleurs les impacts de l’ensemble de ces réformes sur la place des femmes sur le marché du travail, qu’elles soient proches aidantes ou pourvoyeuses de l’aide professionnelle. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Évolution des politiques d’aide à domicile en Europe - Rapport final (pdf,1.5 Mo) Évolution des politiques d’aide à domicile en Europe - Synthèse (pdf,233.93 Ko) Évolution des politiques d’aide à domicile en Europe - Fiche résultats de recherche (pdf,208.52 Ko)