Évaluation de l’intervention précoce en autisme avec la méthode Denver et devenir des enfants Publié le 09/11/2019 Écouter Imprimer Envoyer Partager Le diagnostic de l’autisme, s’il est réalisé précocement, permet la mise en place d’un accompagnement visant une relance du processus de développement à un âge où la plasticité cérébrale le permet. Cela permet de ne pas seulement compenser les manques ou limiter les risques de sur-handicap, mais de faire en sorte que les enfants retrouvent une trajectoire développementale proche de leurs pairs. Auteurs : Bernadette Rogé Porteurs de projet : Bernadette Rogé L’un des objectifs de cette étude soutenue par la CNSA était de caractériser la progression d’enfants bénéficiant de la méthode Denver et d’interroger leur devenir suite à l’arrêt de la prise en charge précoce. La méthode Denver, méthode développementale, éducative et comportementale, vise à développer la communication verbale et non verbale, l’imitation, l’attention, le partage, l’envie de se joindre aux autres et de jouer des enfants avec autisme âgés de 1 à 5 ans.À l’issue de l’accompagnement, les 21 enfants âgés de 19 à 49 mois pris en charge 20 heures par semaine par une équipe pluridisciplinaire formée à la méthode de Denver ont progressivement rattrapé leur retard de développement. Les résultats montrent, pour les échelles de Mullen, qu’ils présentent chaque mois des gains significatifs du quotient de développement pour l’échelle de compréhension et d’expression ; en revanche, les gains ne sont pas significatifs pour les échelles de perception visuelle et de motricité pour lesquels les enfants présentaient initialement le moins de retard de développement. Il semblerait donc que ces résultats soutiennent l’hypothèse d’une homogénéisation des profils des enfants concernant leurs compétences verbales et non verbales, même si elle reste modeste pour certains d’entre eux.À leur sortie du dispositif, neuf des onze enfants concernés par la fin de la prise en charge ont été orientés vers une scolarisation en milieu ordinaire, et deux vers une unité d’enseignement d’un établissement médico-social, la plupart du temps selon un rythme aménagé (scolarisation partielle). S’agissant des difficultés rencontrées dans le cadre de la scolarisation de leur enfant, les parents évoquent un manque de formation des enseignants et des auxiliaires de vie scolaire (AVS), un accompagnement insuffisant ou absent, une pédagogie non adaptée, des classes surchargées, des locaux peu accessibles et des difficultés avec les autres enfants ou leurs parents. Par ailleurs, ces enfants ont tous bénéficié d’une prise en charge paramédicale à leur sortie du dispositif (rééducation en psychomotricité et orthophonie, groupe thérapeutique d’habiletés sociales...). Sept parents sur onze ont déclaré que la transition entre le dispositif d’accompagnement par la méthode de Denver et le nouveau dispositif s’était bien passée ; cette transition a été jugée difficile par quatre parents. Tous les parents ont déclaré avoir utilisé, à des fréquences variées, des stratégies enseignées dans le cadre de la méthode Denver, notamment pour les aspects concernant le comportement de leur enfant.Une étude exploratoire auprès de onze mères a également été conduite pour explorer leur vécu de l’accompagnement. Elles indiquent avoir conscience de l’importance de leur rôle éducatif auprès de leur enfant, nourrissant un sentiment de responsabilité très fort. L’accompagnement par la méthode Denver les a notamment aidées à se saisir pleinement de ce rôle éducatif. Ce travail auprès des mères a débouché sur la création d’un programme de formation et d’accompagnement des familles d’enfants avec autisme dépistés précocement. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Fiche de résultat de recherche : Évaluation de l’intervention précoce en autisme avec la méthode Denver et devenir des enfants (pdf,150.44 Ko)