Devenir travailleur handicapé Publié le 28/07/2012 Écouter Imprimer Envoyer Partager Bien qu’il n’y ait pas de réel enjeu financier attaché à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), cette décision revêt un caractère symbolique fort : être ou ne pas être travailleur handicapé. Les équipes des MDPH qui sont chargées d’examiner les demandes s’efforcent, dans un contexte économique difficile, de distinguer les problèmes sociaux des problèmes de santé. Auteurs : Vincent Caradec, Louis Bertrand Porteurs de projet : Vincent Caradec La reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) est attribuée par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) après examen des demandes par les équipes pluridisciplinaires et les commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH). L’objectif de ce projet était d’étudier les relations entre les personnes ayant fait une demande de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) et les MDPH. Ce travail s’appuyait sur une enquête réalisée dans deux départements, l’un situé en province dans une région plutôt populaire, l’autre plus aisé situé en région parisienne. L’octroi de la RQTH n’a pas forcément de conséquences importantes sur la vie de ceux qui l’obtiennent : elle ne garantit pas un emploi, elle ne s’accompagne d’aucune prestation, elle ne s’accompagne pas forcément de la fixation d’un taux d’incapacité. Elle n’est donc pas considérée au sein des MDPH comme une mesure particulièrement importante, elle est rarement discutée en CDAPH, elle est rarement refusée dès lors qu’elle est demandée. Les chercheurs du laboratoire CeRIES de l’université de Lille ont observé de près la façon dont les commissions fonctionnaient en analysant tout particulièrement les motifs de refus. L’examen des justifications apportées par les professionnels lors de ces refus permet de comprendre la portée symbolique des décisions qui sont prises : établir la frontière entre handicap et aptitude normale au travail. Si l’accord bienveillant reste la règle très majoritaire, la logique du soupçon est bien présente, et les discussions parfois longues qui aboutissent à quelques refus en sont le révélateur. Malgré les tensions sur le marché du travail, la volonté de distinguer problèmes sociaux et problèmes de santé handicapants est très largement partagée par les professionnels et oriente fortement leurs décisions. Les tensions sur le marché du travail conduisent à durcir les frontières symboliques alors même que ces frontières sont rendues plus poreuses encore par ce même contexte. La crise économique et sociale est, en effet, plus ou moins directement responsable de dégradations de l’état de santé (usure physique liée à l’intensification des rythmes de travail, syndromes dépressifs liés au chômage…) qui peuvent venir brouiller la frontière entre problèmes sociaux et problèmes de santé handicapants que les MDPH sont censées poser et respecter. Ce contenu vous a-t-il été utile ? Commentaire (facultatif) Ne mentionnez pas de données personnelles : nom, adresse, numéros (téléphone, sécurité sociale, fiscal), lieu et date de naissance, etc. Merci d'avoir donné votre avis. Documents associés Devenir travailleur handicapé - Synthèse (pdf,179.68 Ko) Devenir travailleur handicapé - Fiche (pdf,209.11 Ko)