Déterminants de l’institutionnalisation ou du maintien à domicile des personnes âgées dépendantes

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En France, la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées repose principalement sur le maintien à domicile, avec l’aide des proches et de services professionnels. Quand la perte d’autonomie devient trop lourde, certaines personnes sont accueillies en établissement, mais cette décision n’est pas toujours choisie. Mieux comprendre ce qui détermine ce passage permet de mieux accompagner les personnes et de rendre les politiques publiques plus équitables.

Auteurs :
Amélie Carrère, Emmanuelle Cambois
Porteurs de projet :
Emmanuelle Cambois

L’objectif du projet est d’identifier les déterminants de l’institutionnalisation et du maintien à domicile des personnes en situation de perte d’autonomie en France en distinguant ceux sur lesquels il est possible d’agir (offre de prise en charge de la perte d’autonomie et ressources des personnes âgées) via par exemple, des politiques publiques redistributives ou des politiques d’accompagnement adaptées, de ceux pour lesquels la prise en charge doit s’adapter (besoins d’assistance et préférences des personnes). Cet objectif s’inscrit dans un contexte de vieillissement de la population et de d'une politique de maintien au domicile. 

Trois constats majeurs ont marqué ce travail de recherche : 

D’abord, les modalités de prise en charge de la perte d’autonomie sont multiples et articulées ; ne considérer qu’une opposition « domicile » / « établissements » constitue une vision réduite de la réalité, mais la prise en compte de ces modalités multiples complexifie l'analyse des déterminants. À domicile, les personnes âgées peuvent recourir à de l’aide professionnelle et/ou de l’entourage. Dans les faits, la prise en charge de la perte d’autonomie des personnes âgées à domicile repose en majeure partie sur leur entourage. Elle s’instaure naturellement et progressivement et elle est gratuite. Pourtant, elle est considérée à la fois comme naturelle et comme une charge pour les aidants et les aidés. Les facteurs déterminants dans la mobilisation de l'entourage demandent à être davantage étudiés : la manière dont elle s’articule avec l’offre formelle ou encore dont elle dépend des ressources individuelles et contextuelles. 

Ensuite, les politiques publiques de prise en charge de la perte d’autonomie en France ont encouragé le maintien à domicile des personnes âgées. En privilégiant une prise en charge à domicile plutôt qu’en établissements, les pouvoirs publics font le choix de faire reposer une grande partie de la prise en charge sur les aidants informels potentiels. 

Enfin, ces politiques de prise en charge sont gérées au niveau départemental. De par leurs tailles différentes, leurs ressources différentes, leurs objectifs en termes de politiques sociales hétérogènes, les conseils départementaux apportent des réponses disparates qui peuvent s’avérer inéquitables. 

Face à ces trois éléments caractérisant le contexte français, la préoccupation initiale de ce travail de recherche a été d’identifier les déterminants du recours à l’institution dans une approche holistique, c'est à dire en considérant des déterminants individuels et départementaux des diverses configurations d’aide existantes : aide formelle et informelle ; à domicile et en établissement. 

L’objectif de ce projet a donc été de documenter les modalités de prise en charge de la perte d’autonomie, i.e. le recours à l’institution, et la manière dont elles sont influencées (1) par la politique du maintien à domicile ; (2) par la décentralisation de la prise en charge ; (3) par la disponibilité des différentes modalités de prise en charge à domicile. Le cas échéant, cela suggérerait que les politiques publiques actuelles contraignent les décisions de prise en charge des personnes âgées, voire modifient leurs préférences.

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