De la maladie mentale… au handicap psychique

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Analyser les effets de la reconnaissance du handicap psychique introduite par la loi du 11 février 2005 sur les parcours des personnes soignées en psychiatrie entre les secteurs sanitaire, social et médico-social.

Auteurs :
Florence Weber, Julien Bourdais, Gaëlle Giordano, Valérie Lemasson, Frédérique Quidu, Pascale Roussel, Pauline Blum, Hervé Heinry, Julie Minoc, Samuel Neuberg
Porteurs de projet :
Florence Weber

La reconnaissance du handicap psychique dans la loi du 11 février 2005 « Pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » a profondément modifié le cadre légal, budgétaire et administratif dans lequel évoluent les personnes soignées en psychiatrie. 

L’objectif de cette recherche était d’analyser l’impact des transformations du cadre légal, budgétaire et administratif sur les trajectoires des individus soignés en psychiatrie. Il s’agissait d’analyser les déterminants non médicaux, c’est-à-dire institutionnels et sociaux, des trajectoires de prise en charge des patients de la psychiatrie, pour comprendre comment les patients de la psychiatrie se retrouvent orientés vers les dispositifs du handicap.

Le projet comportait deux volets : 

  • un volet ethnographique au sein de deux centres médico-psychologiques (CMP) franciliens. Il révèle les pratiques professionnelles et les logiques institutionnelles qui concourent à orienter les personnes vers des dispositifs médico-sociaux et il permet d’analyser les trajectoires individuelles des patients et les différentes modalités de leur prise en charge ; 
  • un volet statistique qui explore trois bases de données existantes : un sous-échantillon d’une enquête administrative menée au sein de l’un des CMP, une enquête nationale sur les établissements sociaux (ES), qui donne des informations sur l’offre médico-sociale, enfin l’enquête nationale Handicap-Santé qui concerne l’ensemble des personnes souffrant de troubles psychiques, quels que soient leur lieu de vie et leur usage de prestation sanitaire et médico-sociale.

Le passage des patients entre les différents secteurs de prise en charge, sanitaire, social et médico-social, est un phénomène complexe qui dépend tout autant de configurations historiques qu’individuelles. L’orientation vers les dispositifs du handicap relève de logiques institutionnelles (renouvellement des générations de psychiatre, réconciliation des logiques sociales et médicales, diminution des capacités d’hospitalisation, faiblesse des dispositifs de prise en charge de la précarité sociale...) comme de logiques individuelles (poids de la configuration familiale, âge de la survenue des troubles, niveau de scolarité, trajectoires professionnelles...). Contrairement à ce qui se passe dans le cas des personnes âgées souffrant de troubles de type Alzheimer, les soutiens matériels et financiers apportés par la famille et par les professionnels semblent rarement complémentaires. 

L’analyse des données statistiques apporte de nouvelles informations, mais ne bouleverse par les connaissances acquises lors de l’approche ethnographique. Les données statistiques disponibles ne permettent pas de tirer des enseignements avec certitude. Ce travail permet de formuler des hypothèses qui devront être vérifiées sur des données statistiques qui restent à construire.

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