Concevoir des établissements où les personnes âgées se sentent bien

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Plus un EHPAD est conçu techniquement pour accompagner le travail du personnel, moins le résident manipule et utilise l’espace. Dans ce cas, même si le personnel et la direction lui témoignent une attention bienveillante, l’EHPAD ne constitue pas pour le résident un lieu d’hospitalité, mais un espace hospitalier.

Auteurs :
Elodie Bara, Guy Tapie

À partir d’une réflexion mettant en perspective conception architecturale et usages des espaces de vie, les chercheurs montrent que la conception spatiale d’un EHPAD ne peut se limiter à la fonctionnalité des lieux. Lorsque c’est le cas, il existe une tension entre la vocation sanitaire de l’établissement et l’obligation pour les résidents de vivre dans un lieu qu’ils n’ont pas pu complètement s’approprier, car ce lieu ne leur donne pas la possibilité de réaménager leur existence. L’architecture, dans sa version fonctionnelle et normative, convient au quotidien routinier des personnes accueillies, car tout peut être réalisé sans trop d’effort et dans des conditions de confort optimales. Le résident n’est plus obligé de pratiquer une activité, aussi basique soit- elle : dresser la table, marcher plusieurs minutes, faire à manger, réfléchir à un menu. Pourtant, ces activités stimulent les capacités physiques et intellectuelles. La personne vieillissante est de la sorte maintenue dans une certaine dépendance qui pénalise l’appropriation de son lieu de vie. Elle se retire du monde social, se replie sur sa condition. Les conséquences sont aussi physiologiques : prise de poids, diabète, endormissements fréquents, désorientation dans l’espace. L’action du personnel peut compenser les difficultés du résident en lui offrant des activités adaptées. Des variations s’observent en fonction du degré de handicap et/ou de dépendance. En ce sens, en fonction de la manière dont elle est conçue, l’architecture participe à la socialisation et au bien-être des résidents. Deux techniques d’enquête ont été mobilisées. La première, couramment utilisée lors de travaux sociologiques, est l’entretien semi-directif. La seconde est l’observation directe afin de saisir les manières d’être, d’agir et de faire des résidents et du personnel. La relation aux espaces de vie (chambre, couloirs, lieux collectifs) est ainsi précisément analysée dans ses caractéristiques morphologiques et d’usage.

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