Approche qualitative du recueil des données de santé mentale

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À l’issue de l’enquête nationale Handicap-Santé (2008-2009), le ministère des Solidarités et de la Santé a financé cinq projets de recherche dont l’objectif était d’évaluer la pertinence des choix méthodologiques retenus dans l’enquête, d’éclairer les utilisateurs de l’enquête sur les précautions à prendre avant d’utiliser les données et de formuler des recommandations d’amélioration pour les futures enquêtes portant sur les mêmes thèmes. Ce projet concerne le questionnement relatif au handicap psychique.

Auteurs :
Pascale Roussel, Gaëlle Giordano, Marie Cuenot

Ce travail avait pour but de s’interroger sur la capacité de l’enquête Handicap-Santé à circonscrire les réponses des groupes de population concernés par les problèmes de santé mentale, domaine où la mesure des troubles est essentiellement subjective. Pour y répondre, les chercheurs ont mené une série de 44 entretiens semi-directifs auprès de personnes ayant répondu à l’enquête. Au terme de ce travail, il apparaît que toutes les craintes relatives au recueil des données dans le domaine psychique n’étaient pas justifiées, ou du moins, que les difficultés de recueil de données de ce champ ne sont pas très éloignées de celles du domaine physique. Ce travail qualitatif a permis aux chercheurs de faire une série de recommandations aux pouvoirs publics pour les enquêtes futures :

  • dans le domaine des déficiences : 
    • il serait intéressant d’offrir aux enquêtés plusieurs modalités de réponse permettant l’expression d’une graduation de l’importance de leurs déficiences psychiques, 
    • quelques troubles ou difficultés présents dans la liste proposée aux personnes enquêtées semblent également mériter d’être reformulés en raison d’une grande hétérogénéité de la compréhension de la question, certains enquêtés faisant appel à une définition proche de celle qui prévaut dans le secteur de la santé mentale, d’autres faisant référence au langage commun qui en est plus ou moins éloigné. Cette difficulté nous a paru particulièrement marquée pour les troubles de l’humeur et les troubles de l’orientation dans le temps et dans l’espace ; 
  • quelques limitations fonctionnelles ou restrictions d’activité souffrent aussi d’une assez grande hétérogénéité de réponse. Ces difficultés peuvent provenir soit d’une rédaction imparfaite des questions soit de la variété des exemples. Ceux-ci orientent les enquêtés vers des degrés et natures de difficultés divers compte tenu de la variété des contextes de vie de chacun ; 
  • le groupe de conception a probablement sous-évalué la difficulté ou la réticence de certains enquêtés à choisir eux-mêmes la modalité de réponse fermée, car leurs situations leur paraissent variables d’un jour à l’autre ou plus nuancées que les modalités de réponse proposées. De ce point de vue, si des progrès peuvent être faits dans les consignes aux enquêteurs, il pourrait également être utile d’associer les concepteurs de l’enquête à la phase de test, afin de mesurer l’ampleur de ces situations et de tenter d’y remédier.
     
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