Analyse historique des transformations de l’aide familiale

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Cette recherche analyse des transformations de l’aide familiale aux personnes âgées, aux personnes handicapées et malades mentales en France dans la seconde moitié du 20e siècle.

Auteurs :
Christophe Capuano, Eva Blanc
Porteurs de projet :
Christophe Capuano

Trois questions sont abordées : la réévaluation de l’importance et des modalités de l’aide familiale en France au cours de cette période pour comprendre les raisons de l’invisibilité de l’aide familiale, en particulier auprès des personnes âgées, jusqu’au début des années 70 ; les convergences et divergences des évolutions de la place des aidants familiaux dans les politiques sociales selon les catégories de populations aidées ; l’importance et le rôle des expériences départementales ou locales durant un demi-siècle en faveur tant de l’aide familiale et des familles que d’un renforcement du maintien au domicile. Pour reconstituer le processus de transformation de l’aide familiale, les données collectées ont été fondées sur des dépouillements d’archives et sur des entretiens avec des responsables associatifs et des parents d’enfants handicapés. La recherche met en avant quatre résultats principaux :

  • durant la seconde moitié du vingtième siècle, alors que le soutien familial demeure important, il se transforme et perd de sa visibilité. La part du soutien externe en termes d’aide-ménagère, de soins ou d’accompagnement relationnel s’accroît alors que l’aide familiale en nature ou en espèce décline en relation avec le développement des prestations de protection sociale. Le degré d’implication de l’entourage est conditionné aux liens affectifs avec la personne aidée. Mais cette aide est peu visible pour plusieurs raisons. Elle est apportée en nature (ménage, repas, services,…) principalement par des femmes. Elle s’exerce parfois à distance et non plus dans le cadre d’une cohabitation intergénérationnelle. Enfin, dans les situations de handicap mental, elle est plus difficile à circonscrire ;
  • ces travaux montrent que les familles sont de plus en plus sollicitées, mais de manière différenciée, par les politiques familiales et médicales. Ainsi, les politiques de désinstitutionnalisation menées dans les champs de la vieillesse et de la maladie mentale font que le maintien à domicile devient la norme, ce qui induit une sollicitation de l’entourage, surtout à partir des années 70 ;
  • les associations ont eu un rôle déterminant pour sortir de leur isolement les familles des malades ou des personnes handicapées en menant un travail de plaidoyer (enquête, lobbying auprès des pouvoirs publics). Ce n’est pas le cas pour les familles des personnes âgées, tant pour des raisons inhérentes aux cadres politiques séparés qu’à des différences de représentation des rôles sociaux ;
  • l’aide familiale est finalement reconnue comme un facteur d’efficacité des politiques de maintien au domicile, de traitement ambulatoire et d’insertion sociale notamment dans le cadre d’expériences locales qui permettent une combinaison fructueuse entre aide familiale et aide professionnelle.
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