En France, de nos jours, la situation de l’hôpital psychiatrique est prise dans une logique de restriction budgétaire, et de diminution massive du nombre de lits (Coldefy, 2009). La fonction propre de l’hôpital, l’accueil de la folie, est remise en question.
- Porteurs de projet :
- Association Just
Au-delà des questions quantitatives, ces contraintes budgétaires rendent flagrants les problèmes découlant de l’organisation très hiérarchisée de l’hôpital. Elle induit des rapports de domination, donc de violence, entre soignants et usager.es, qui favorisent l’instauration de zones d’abus et de négation des droits fondamentaux rapportés par plusieurs instances (contrôleur général de lieux de privation de liberté ; Rapporteuse spéciale des Nations Unies ; Agence de l’union européenne pour les droits fondamentaux). La prise de conscience de ces abus modifie « l’économie morale » de notre société, et le regard que nous portons sur le traitement des troubles psychiques (Fassin, 2009).
C’est à partir de cet arrière-fond critique des pratiques en institution, que l’association JUST prend forme et revendique la création d’alternatives viables à la psychiatrie institutionnelle ; pouvant s’intégrer durablement dans l’offre de soin. Le projet du « Lieu de répit » à Marseille, s’inscrit dans cette perspective : proposer des places d’hébergement de courte durée (un à trois mois), permettant une socialisation des personnes en situation de crise psychique ; déployer un rétablissement centré sur la personne, et plus uniquement sur sa pathologie. Dans ce rapport, il est recherché d’esquisser une hétérotopie (Foucault) en devenir, une réappropriation de l’essence de la psychiatrie institutionnelle, ou de l’asile, un « vrai » chez soi pour la folie.