MODAPA

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Quantifier la sensibilité de la demande au prix de l’aide est nécessaire pour analyser l’impact des politiques de financement des aides à domicile.

Auteurs :
Agnès Gramain, Cécile Bourreau-Dubois, Quitterie Roquebert, Marianne Tenand, Robin Hege, Louis Arnault, Jingyue Xing, Helen Lim
Porteurs de projet :
Agnès Gramain

Aide à domicile pour les personnes âgées dépendantes : quel est l’impact du prix de l’aide sur la demande ?

Quantifier la sensibilité de la demande au prix de l’aide est nécessaire pour analyser l’impact des politiques de financement des aides à domicile


En France, une partie des dépenses d’aide à domicile payées par les personnes âgées dépendantes est réduite grâce à des aides publiques. Un reste-à-charge horaire, qui dépend du prix facturé et du montant de l’allocation perçue, incombe toutefois aux bénéficiaires. Ce reste-à-charge est un élément déterminant pour l’impact des politiques publiques : il a non seulement un effet direct sur les budgets publics consacrés à la dépendance, mais il est surtout susceptible d’influencer la consommation en aide professionnelle des personnes dépendantes résidant à domicile.

L’équipe du projet Modapa s’est attachée à quantifier la sensibilité de la demande d’aide à domicile des personnes âgées dépendantes au montant de ce reste-à-charge, et à étudier l’impact de modifications de ses règles de calcul sur le volume d’aide professionnelle consommée et sur la répartition de la solidarité publique dans la population âgée.

Tirer parti de données nombreuses mais disséminées, partielles et approximatives
Les politiques publiques en direction des personnes dépendantes étant décentralisées, les données nécessaires pour conduire ces études sont difficiles à recueillir. Toutes les bases de données disponibles ont d’importants défauts, soit en termes de qualité de l’information, soit en termes de population couverte. Ainsi, les grandes enquêtes nationales (enquêtes HSM et CARE) portent sur des échantillons représentatifs, mais la mesure du reste-à-charge horaire est très approximative. Les fichiers administratifs départementaux qui permettent le suivi des bénéficiaires de l’APA contiennent des informations précises sur les coûts, mais seules les heures d’aide subventionnées sont enregistrées : l’information sur la consommation est donc tronquée. Enfin, les fichiers de facturation de SAAD apportent une information idéale sur les volumes consommés et le montant de reste-à-charge, mais très peu d’autres informations pourtant pertinentes pour comprendre la demande (composition du ménage, niveau de dépendance…). Une des dimensions importantes du projet est donc d’exploiter ces différentes bases de données en utilisant des modèles adaptés à chacune, de comparer les résultats obtenus et de chercher à comprendre les causes des différences de résultats le cas échéant.

Globalement, les résultats sont très cohérents : les personnes âgées dépendantes ajustent leur consommation en fonction du montant qu’elles ont à payer, mais de manière légère. L’élasticité-prix est autour de -0,3. Cela signifie que, en moyenne, quand le prix de l’heure d’aide baisse de 10% la quantité d’aide consommée augmente de 3%, et le coût mensuel ne baisse donc que de 7% : l’effet du prix unitaire est en partie compensé par un effet volume. Sur un plan théorique, les recherches ont en outre montré l’importance de disposer d’information sur la quantité totale d’aide consommée, et non uniquement sur les heures subventionnées, pour la précision des estimations, et sur la meilleure efficacité de modèles intégrant une composante d’irrationalité dans le comportement de demande. Ces différents résultats restent cependant affectés par l’absence de données disponibles sur l’entourage des personnes aidées et sur le comportement de prescription des plans d’aide par les équipes départementales de l’APA.

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