DoNuTS : Domicile – Numérique – Travail de Soin

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Les soins à domicile ont connu un important développement ces dernières décennies, et demeurent en perpétuel essor du fait de l’évolution démographique et de la réduction des durées d’hospitalisation. La recherche DoNuTS, inscrite dans le champ de l’ergonomie de l’activité, vise à comprendre le rôle des technologies numériques dans le travail quotidien des professionnels de santé intervenant à domicile, ainsi que leurs impacts sur la collaboration et la coordination interprofessionnelles.

Auteurs :
Vanina Mollo, Baharak Pentecôte

Le projet DoNuTS s’inscrit dans le cadre d’un partenariat entre le laboratoire CERTOP (Centre d’Etude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir), l’association de préfiguration de la Communauté Professionnelle Territoriale de Santé (CPTS) des Portes du Lauragais et le Groupement d’Intérêt Public (GIP) E-santé Occitanie. La CPTS est implantée sur un territoire semi urbain entre le sud-est de la métropole toulousaine et le Lauragais rural. Elle couvre 36 communes pour 78 348 habitants et a pour mission principale d’organiser une réponse collective des professionnels de santé aux enjeux liés à l'accès et à la qualité des soins de proximité pour la population. Le GIP e-santé Occitanie est l’opérateur de l’Agence Régionale de Santé (ARS) pour l’élaboration et la mise en œuvre de la stratégie régionale d’e-santé dans la région.

Le projet DoNuTS vise à comprendre, au travers de SPICO, le rôle joué par les technologies numériques dans le travail au quotidien des professionnels intervenant à domicile, et leur rôle dans la collaboration et la coordination interprofessionnelle au sein de la CPTS.

La recherche comporte trois objectifs principaux.

Le premier objectif est de faire un état des lieux des différents outils numériques que les professionnels de la CPTS ont à leur disposition en sus de SPICO, de leur(s) fonction(s) et de l’utilisation qui en est faite par les professionnels. Cet objectif se fonde sur trois hypothèses principales. La première hypothèse est que les professionnels disposent d’un grand nombre d’outils numériques et qu’ils ne les utilisent pas tous. Nous tenterons dans ce dernier cas d’en comprendre les raisons : doublons ? inutiles ? contraignants ? trop nombreux ? La seconde hypothèse est que parmi tous ces outils, les professionnels utilisent des outils numériques informels qui permettent de répondre à des besoins non couverts ou insuffisamment couverts par les outils officiels disponibles. La crise COVID par exemple, a fait émerger des outils numériques informels permettant d’assurer une collaboration en temps réel entre les professionnels. Les usages des outils informels seront ainsi analysés au même titre que les outils formels. La troisième hypothèse est qu’au-delà des fonctions de collaboration et de coordination, qui permettent de produire un travail collectif, certaines technologies numériques sont également utilisées à des fins d’entretenir le collectif de travail (lien social, soutien collectif).

Le deuxième objectif est d’analyser les usages de SPICO au cours de l'activité de travail quotidienne des professionnels. Cette analyse vise d’une part à décrire les fonctions effectives que l’outil permet de remplir (coordination, synchronisation, échange d’expériences, etc.). D’autre part, elle a pour objectif de montrer l’impact du numérique sur :

  • les conditions de travail des professionnels : gagnent-ils du temps pour mieux investir la prise en charge au domicile des patients ? SPICO constitue t-il une ressource ou une contrainte à la réalisation du travail ? quels impacts sur la charge de travail ? etc. ;
  • la collaboration et la coordination interprofessionnelles : SPICO facilite-t-il l’interdisciplinarité et la collaboration ? permet-il la synchronisation cognitive et opératoire ? favorise-t-il le lien social ?
  • la relation et la prise en charge des patients : SPICO est-il une ressource, un soutien, ou au contraire un obstacle à la dimension relationnelle du soin et à la prise en charge à domicile ?

Nous faisons l’hypothèse que les usages de SPICO varient en fonction des professionnels, mais également pour un même professionnel en fonction des patients qu’il est amené à traiter (en fonction de l’âge, du type de pathologie, etc.).

Le troisième objectif, corollaire aux deux premiers, se fondera sur les résultats précédents pour formaliser les besoins effectifs. Il se fondera sur la participation des professionnels et représentants institutionnels à la mise en discussion des analyses, tout au long de la recherche. La démarche participative offre une garantie de validation des données de la recherche, et favorise l’appropriation des résultats par les différents acteurs. Nous faisons l’hypothèse que la participation favorise ainsi un changement chez les acteurs concernés (usages d’outils non connus, meilleure coordination interprofessionnelle, etc.).

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