Modalités de prise en charge des lombalgies chroniques

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Cette étude a permis de comparer différentes stratégies de prise en charge des lombalgies chroniques dont souffrent un grand nombre de personnes et qui sont à l’origine de nombreux arrêts de travail.

Auteurs :
Isabelle Richard, Audrey Petit-Lemanac'h, Yves Roquelaure

La lombalgie chronique, première cause d’invalidité professionnelle, est à l’origine d’un nombre important d’arrêts de travail. Le caractère multifactoriel de cette incapacité au travail a conduit au développement de prises en charge multidisciplinaires des patients avec pour objectif de lutter contre leur conditionnement physique et psychologique, de favoriser leurs activités et d’obtenir une réinsertion professionnelle. Ces programmes de « restauration fonctionnelle » ont montré leur efficacité pour le maintien des patients au travail, mais leur faisabilité et leur coût ne permettent pas de traiter de grandes populations de patients. L’efficacité des programmes standardisés de kinésithérapie libérale, conforme aux recommandations internationales, a également été démontrée, mais leur efficacité en termes de reprise du travail était considérée comme significativement inférieure.

L’objectif de ce projet était de comparer l’efficacité de trois stratégies thérapeutiques : un programme pluridisciplinaire intensif réalisé en centre de rééducation (5j/semaine) ; une prise en charge de kinésithérapie ambulatoire, conforme aux recommandations, et appliquée dans le cadre d’un réseau ; une rééducation ambulatoire dans un contexte pluridisciplinaire associant une prise en charge par un kinésithérapeute libéral et un ensemble d’autres prestations coordonnées par un centre de rééducation à raison d’un jour par semaine (groupe de pairs, soutien psychologique, ergonomie, concertation avec le médecin du travail et le médecin traitant).

Cette étude, menée sur 159 patients atteints de lombalgie chronique, a permis de montrer que ces différentes stratégies avaient une réelle efficacité, avec une baisse significative des arrêts de travail dans les 12 mois qui ont suivi le traitement. Elle montre qu’une prise en charge mixte, ambulatoire et pluridisciplinaire, permet d’obtenir de bons résultats chez les patients, à savoir l’absence de différence significative avec le programme institutionnel de référence. Le développement de ce type de stratégies mixtes permettrait la prise en charge d’un plus grand nombre de patients à un coût moindre. Ce résultat représente un grand espoir pour tous les patients qui sont en attente d’une place dans les centres de rééducation.

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