Penser à l’aménagement du logement

Publié le

À l’issue de l’enquête nationale Handicap-Santé (2008-2009), le ministère des Solidarités et de la Santé a financé cinq projets de recherche dont l’objectif était d’évaluer la pertinence des choix méthodologiques retenus dans l’enquête, d’éclairer les utilisateurs de l’enquête sur les précautions à prendre avant d’utiliser les données et de formuler des recommandations d’amélioration pour les futures enquêtes portant sur les mêmes thèmes. Ce projet s’intéresse au questionnement sur l’adaptation du logement.

Auteurs :
Sylvie Renaut, Jim Ogg, Ségolène Petite, Aline Chamahian, Stéphanie Vermeersch

Dans ce projet, les chercheurs sont allés à la rencontre des personnes dans leur environnement quotidien à domicile et les ont invitées à s’exprimer sur leur connaissance et leur utilisation des aides techniques ainsi que sur les conditions d’accessibilité et d’aménagement du logement. Les deux publics ciblés étaient ceux de l’enquête Handicap- Santé : les personnes âgées de 75 ans et plus et les aidants informels de 45 ans et plus. Les personnes rencontrées (Île-de-France, Nord-Pas-de-Calais) couvraient une grande variété de situations : retraités ou actifs, logés en maison individuelle ou en habitat collectif, propriétaires de leur logement, locataires du parc privé ou du parc social, ruraux ou résidents en zone urbaine plus ou moins dense. Le rapport contient de nombreux témoignages individuels qui illustrent la réalité et la diversité des situations. Les entretiens ont permis de dresser une typologie de ces situations : 

  • la première ligne de fracture se révèle à travers l’autonomie de décision des personnes rencontrées, en termes de ressources, en revenus, en logement, mais aussi sur le plan relationnel et vis-à-vis de l’entourage (conjoint, fratrie, ascendants, voisinage…) ; 
  • le deuxième axe permet de distinguer les pratiques d’intervention et les comportements plus attentistes :
    • là où chacun conserve son autonomie de décision, certains ne se sentent pas concernés par les questions d’aménagement du logement lorsque d’autres sont déjà dans une dynamique d’intervention ou d’adaptation, 
    • là où les choix sont plus contraints ou dépendants de l’entourage, certains adoptent une stratégie d’adaptation consistant à mettre en commun les moyens en logement à travers la cohabitation tandis que d’autres s’installent dans des solutions de compromis et d’attente. 

Au final, ce travail pointe la limite d’une approche qui serait uniquement basée sur l’âge ou sur le handicap pour étudier la façon dont les personnes anticipent ou non leur avenir dans leur logement. Vivre et vieillir chez soi est le parcours de vie normal pour plus de 90 % des 75 ans et plus et même la moitié des centenaires. La place centrale des aides humaines est indéniable et les aides à la mobilité sont les dispositifs techniques les plus répandus. En revanche, des éléments de prévention du risque de chute (barres d’appui, mains courantes) bien que peu coûteux sont peu répandus (7 % des 75-84 ans, 14 % au-delà de 85 ans), mais surtout, la population exprime peu d’exigences en termes d’intervention complémentaire ou nouvelle.
 

Merci d'avoir donné votre avis.