« La rentrée scolaire se prépare 6 à 8 mois à l’avance »

Publié le : 31 août 2016-Mis à jour le : 05 septembre 2016

À l’occasion de la rentrée scolaire, entretien avec Sylvie Vancayseele, référente scolarité à la maison départementale des personnes handicapées des Hautes-Alpes.

En quoi consiste votre fonction ?

J’ai une double casquette à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) : référente scolarité et responsable de l’équipe pluridisciplinaire enfants.

Je suis l’ensemble des demandes « enfant » adressées à la MDPH, à l’exception des demandes de prestation de compensation du handicap. En 2015, nous avons reçu 2139 demandes « enfant ».

Mon rôle consiste à contribuer à l’accueil, à l’information et à l’accompagnement des familles en lien avec l’assistante sociale et le médecin « enfant ».

Je fais le lien avec les différents professionnels et partenaires en charge des enfants en situation de handicap, scolarisés ou non (enseignants-référents, directeurs d’établissements, psychologues scolaires, enseignants spécialisés, équipe de suivi de la scolarisation…). Les relations avec les enseignants-référents sont quotidiennes.

J’organise le calendrier et participe aux réunions de l’équipe pluridisciplinaire « enfant », qui évalue les besoins et les attentes de chaque enfant et propose le plan personnalisé de compensation dont fait partie le projet personnalisé de scolarisation (PPS). À la MDPH des Hautes-Alpes, nous avons en réalité deux équipes pluridisciplinaires :

  • une équipe « plénière », composée des partenaires extérieurs (un psychologue scolaire, un enseignant spécialisé, un médecin ou tout autre professionnel concerné), qui se réunit tous les mardis. Cette équipe examine les dossiers de « première demande ». Je prépare les dossiers en synthétisant les éléments scolaires qui permettront d’élaborer un PPS. Le PPS précise les modalités de déroulement de la scolarité et les actions pédagogiques, psychologiques, éducatives, sociales, médicales et paramédicales à mettre en place pour répondre aux besoins particuliers de l’élève.
  • une équipe « restreinte », composée d’un médecin, d’une assistante sociale. Elle se réunit 2 demi-journées par semaine pour étudier les demandes de renouvellement.

Ensuite, je présente les dossiers des enfants lors de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH). La CDAPH, qui se réunit 2 jours par mois, décide des compensations (orientations, prestations, avis, préconisations) attribuées à la lumière de l'évaluation menée par l’équipe pluridisciplinaire et du plan personnalisé de compensation proposé à la personne en situation de handicap. Pour cette mission, je suis en lien étroit avec le coordonnateur des équipes pluridisciplinaires.

Comment la CNSA vous appuie-t-elle dans vos missions ?

La CNSA réunit deux fois par an les référents scolarisation des MDPH. Ces journées de formation sont extrêmement utiles. Elles sont l’occasion de faire le point sur des sujets d’actualité et d’échanger entre collègues. Grâce à cela, nous avons créé un véritable réseau professionnel. À présent, un simple mail au groupe et nous partageons nos outils ou une information nouvelle ou des réponses à des questions spécifiques. J’ai par exemple, pour ma part, diffusé un modèle de fiche de synthèse pour l’instruction d’un dossier de demande, un modèle de PPS au format word…

Au quotidien, nous utilisons les fascicules édités par la CNSA (dossier technique sur les troubles des apprentissages, sur  les taux d’incapacité et prestations, l'allocation d'éducation de l'enfant handicapé, l'orientation en institut thérapeutique éducatif et pédagogique, les cartes, les arbres de décisions…), les sites internet. Nous faisons également régulièrement appel au juriste de la CNSA, au médecin, à la responsable de la scolarisation, pour avoir un éclairage sur l’interprétation d’un texte de loi et répondre à des situations particulières.

Quels sont les enjeux ou projets importants du moment, de ces derniers mois ?

Nous fonctionnons encore beaucoup avec le papier dans les Hautes-Alpes. Or, pour gagner en efficacité et faciliter notre quotidien, nous aurions besoin de documents dématérialisés. Nous menons donc un projet de numérisation des dossiers, des GEVA-sco et des PPS.

Dans un tout autre registre, l’information et la formation des partenaires de l’école sont primordiales. J’interviens donc régulièrement dans des actions de formation auprès des directeurs d’écoles, des enseignants, des auxiliaires de vie scolaire (AVS), des personnel du conseil départemental, des personnel des ESMS pour expliquer le rôle, le travail de la MDPH, l’intérêt de partager un langage commun (la Geva-compatibilité) et préciser quelles sont les informations utiles à la MDPH lors de l’instruction des dossiers.

Comment avez-vous préparé la rentrée scolaire 2016 a la MDPH ?

Je travaillais à la commission départementale d'éducation spéciale (CDES) depuis 2003, puis j’ai été mise à la disposition de la MDPH en 2006, lors de sa création. J’ai donc quelques rentrées à mon actif !
Chaque rentrée se prépare très en amont. Les orientations scolaires et les renouvellements d’AVS doivent être prononcés entre février et juin pour que les enfants en situation de handicap soient accueillis dans les meilleures conditions possible en septembre. Mais il y a toujours quelques dossiers de dernière minute bien sûr. Nous préparons donc la rentrée 2016 depuis l’an dernier.

Chaque année, dès septembre, j’explique aux équipes éducatives la procédure à suivre pour une nouvelle demande, je les sensibilise au fait qu’elles doivent se réunir avant février pour que la MDPH puisse instruire la demande et prononcer la décision d’orientation dans le respect du délai des 4 mois. Je diffuse le calendrier des réunions d’équipe pluridisciplinaire, puis les coordonne tout au long de l’année.

La rentrée en chiffres dans les Hautes-Alpes
En 2014/2015, près de 22 600 enfants étaient scolarisés le département des Hautes-Alpes.
Parmi eux, 580 élèves en situation de handicap étaient scolarisés dans le milieu ordinaire. Ils étaient 282 dans le premier degré et 298 dans le second degré.

 

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